27.11.2008
Le tu, bas de gamme
Le « tutoiement » se développe intensément entre les individus de toutes sortes. Quelles sont les raisons qui déterminent cet usage ? Quelles sont les conséquences psychologiques et sociales de son emploi ? Comment organiser de saines relations avec le « vous » et le « tu » sans tomber dans le piège de l’excessivité ?
C’est à partir du modèle de vie anglo-saxon que nous calquons la plupart de nos habitudes alimentaires, sociales et culturelles en faisant fi de nos coutumes. Dans cet esprit la langue d’outre manche ne prévoyant pas de vouvoiement, il n’est pas question de faire désuet ou ringard et de se fourvoyer par l’emploi d’un « vous » d’un autre âge. Parallèlement, la plupart des utilisateurs « mode in States » refusent l’existence de subtiles nuances linguistiques qui en disent autant, si ce n’est plus, que notre « vous ». Par ailleurs, certains se croient obligés d’adhérer à l’énorme acquis social né à la révolution, mère de toutes les égalités. C’est cette époque qui a autorisé de dire « tu » à tous citoyens, quelle que soit son origine sociale, ses titres ou distinctions, Balivernes que tout cela. Mais comment l’expliquer à tous ceux qui croient encore que le « tu » est synonyme d’égalité ? Reste que parmi les causes de ce tutoiement à tous les étages de la société, il y a cette apparente simplicité semble procurer son usage à ses adeptes. C’est plus rapide, plus frais, plus jeune.
Mis à part ceux qui font coïncider « milieu social » et « vouvoiement » constatons que le développement intensif du « tutoiement » est lié à la génération de 68. Celle là même qui était sur les barricades et qui aujourd’hui emploie « le vouvoiement » comme pour se distinguer de ces jeunes blancs becs aux ambitions politiques insatiables ? Dés lors, « le vouvoiement » est-il une histoire de génération ou de vieux ? Notre exemple est là pour témoigner qu’il faut bien, selon la formule consacrée, que « jeunesse se passe » pour remarquer corrélativement que le temps aide au développement d’un certain respect envers ceux qui nous entourent. Celui-ci passe par l’usage du vouvoiement. Prendre un tel recul sur la situation éviterait à cette jeune stagiaire de se sentir « gauche » parce qu’elle vouvoie tous ses collègues de bureau en arrivant dans l’entreprise. Attitude qui ferait également obstacle à ce chef de service au jugement quelque peu expéditif envers cette jeune stagiaire , qui n’est pas « intégrée » puisqu’elle ne tutoie personne ! Ainsi, on ne peut que donner raison aux tenants du vouvoiement, comme principe d’éducation et de formation. Particulièrement sur le plan scolaire. Comment prévoir, comme l’a promis le candidat à la Présidence de la République , que les élèves se lèvent, lorsque le professeur entre dans la classe si la distinction n’est pas clairement établie entre le « tu » qui appartient au cercle d’intimité et le « vous » qui marque l’autorité et la considération mutuelle ? Il est indéniable que les nuances de notre langue permettent d’envoyer immédiatement le signe de l’attention respective et de l’estime que se doivent ceux qui évoluent dans un même univers. La déférence née du vouvoiement ne peut se confondre avec un signe d’inégalité entre les individus. Bien au contraire : Réserver l’emploi du « vouvoiement » à une caste, c’est reconnaître l’autorité de ce groupe d’individus sur les autres. Les tenants du « vous » dit avec condescendance le savent bien et vous le font sentir en insistant sur l’emploi du pronom. N’est-ce pas également le cas de ces enfants dans les familles recomposées ou le vouvoiement est volontairement employé à l’égard de la belle-mère ou du beau père ? Cela permet à l’enfant de « marquer ses repères » dit à ce sujet, le sociologue J. Le Goff.
Laissons le tutoiement à la promiscuité ou tout au moins à ceux qui se sont mutuellement autorisés à employer cette forme de communication. Est-ce toujours le cas du policier vis-à-vis du délinquant présumé ? Que penser également de l’attitude de certains médecins en milieu hospitalier qui tutoient leurs patients ? Que dire de ce tutoiement employé sans vergogne envers les étrangers ? La nocivité tient dans la systématisation du tutoiement. Il doit être « réservé » et « adapté » aux circonstances et ne pas être banalisé. Il faut en finir avec le tu, « bas de gamme » et le valoriser au contraire, en l’employant à bon escient, chaque fois que de besoin ou que les circonstances l’imposent dans une fréquentation. Avec Dieu, par exemple.
20:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tutoiement, vouvoiement, jeunes, repères, société, langage
25.08.2008
Bon appétit !
Le cousinage entre le pique-nique et la pause-déjeuner perpétue une tradition ancestrale. La nappe en vichy, le panier d’osier et sa terrine de foie gras, la bouteille qui perle de fraîcheur sur la prairie ont un lien de parenté avec le « gastro du midi ». La conjoncture de ces manifestations de bonne chère assurent la pérennité des gens de bouche et nécessite qu’une mention particulière soit attribuée à tous ceux qui, de plus en plus souvent, ouvrent le bec en public. Aujourd’hui, tout – et quand je dis tout, je pense à n’importe quoi – s’avale au milieu d’une foule indifférente à l’égard de ceux qui s’empiffrent de jambon-beurre et autres paninis. La période estivale accentue le phénomène et les trottoirs des grandes villes n’ont plus rien à envier aux ruelles des petites bourgades. Les touristes dans l’attente de la prochaine ouverture du musée poursuivent leurs habitudes bovines quotidiennes : Ils mastiquent tout en marchant,
Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais, inévitablement, l’accompagnant passif, le voisin immédiat d’un marcheur qui mange, est contraint de se déplacer en crabe s’il ne veut pas recevoir en pleine figure le reliquat de la préparation culinaire tenue à bout de bras, exhibée par le porteur tel un trophée. Un sandwich brandi renforce une prise de position ou une direction à suivre. Enroulé dans un sachet en papier, le sceptre couronné d’un bout de mie se déploie, file au loin et se resserre en une flèche qui trace une parabole en l’air. Finalement le bras s’arrête puis repart pour essuyer en fin de course une commissure de lèvres chargée de reliefs à la moutarde. L’exercice est d’autant plus délicat que donner d’un bras une indication verbale, la bouche et les mains pleines – avec de temps en temps une canette ou un yaourt sous l’autre bras – n’est pas des plus aisée. L’orateur s’en sort en hochant du chef tout en déglutissant, gardant en bouche une grosse boule que l’on voit se dessiner sur sa joue.
Un spectacle de rue aux acteurs sans cesse renouvelés s’offre à celui qui sait apprécier visuellement la joie que procurent les saveurs de tous ces pâtés difformes – les kebabs par exemple – qui permettent au bénéficiaire d’assurer une leçon de gestes et de se sustenter. La situation se complique si deux compères cheminent en mangeant. Ils composent alors un ballet de bras croisés arbitré par les saccades des mandibules. L’observation permet aussi d’apprécier successivement les finesses du combat que se livre un porteur de la chose, avec un cornichon ou une feuille de salade récalcitrante, et les contorsions qui résultent d’une acquisition imprudente. C’est le cas lorsque la composition comprend l’un de ces assaisonnements dont les vendeurs spécialisés ont le secret. Une coulée de mayonnaise ou de ketchup exige des dispositions drastiques et une grande dextérité pour sauver un polo clair. La scène permet généralement d’apercevoir un doigt en deuil, salvateur et récurant, qui remonte le long du pain et qui finit léché avec avidité. On peut encore bénéficier, en prime, d’une vue plongeante sur une langue qui se déplace de bas en haut sur le cornet d’une glace qui fond à grande vitesse.
Il est une autre catégorie de mangeurs de rue qui ne peut se confondre avec ces conquérants de la baguette, ce sont les champions du saladier-fraîcheur. Ces herbivores invétérés sont fascinés par ce qui est vert ou qui ressemble à un légume. Qui n’a pas eu en mains une de ces coupelles en plastique translucide, affublée d’un couvercle qui se rabat quand on veut l’ouvrir, est privé à tout jamais du plaisir de l’explorateur. Après avoir chipoté dans la laitue, difficile à identifier tant elle est parfois hachée menue, il convient de partir à la quête du bout de gras qui a donné son nom à cette mixture alimentaire. La recherche archéologique est d’autant plus laborieuse que quelques copeaux de noix agrémentés d’un jaune d’œuf mimosa posés sur une rondelle de tomate sont toujours là pour gêner l’avancée de la prospection. Ces délicieux assortiments aseptisés sont confrontés à la concurrence asiatique, sushis et samossas, enrichis d’un petit pot de sauce sucré-salé qui ne sert à rien si ce n’est à colorer des grains de riz collants.
Les amateurs de barquettes se distinguent du groupe précédent par le fait qu’ils sont obligés de s’arrêter pour engloutir le contenu du récipient. Incontestablement ils doivent se poser pour la pause et se mettre à table sur un banc, en se servant d’une fourchette. L’outil, habituellement destiné à des lilliputiens anémiés doit être manié avec précaution. A défaut, il perd une dent ou se brise en deux morceaux. Cet incident fatal contraint l’utilisateur qui veut finir ce qu’il a commencé, à façonner manuellement des rouleaux de printemps. Pour se sortir de cette situation graisseuse, ou de tout autre besoin, la mini serviette fournie avec le kit-salade joue un rôle déterminant.
Ces multiples contraintes journalières ne peuvent qu’expliquer l’engouement du pique-nique pendant les vacances, période où l’on peut enfin manger dans des vraies assiettes en papier avec des vrais couverts de camping. Nonobstant ces heureuses constations quelques aléas subsistent et rappellent la grisaille du quotidien : on boit directement la bière à la bouteille – c’est plus viril – et la café est servi dans des timbales en carton qui, dans un premier temps, ne peuvent être saisies, sauf à se brûler les doigts. Toutes ces belles rencontres sont, faut-il le préciser, précédées de cette incitation à la dégustation que l’on entend dans les campagnes : Bon appétit !
16:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, déjeuner, nourriture
25.07.2008
Prête moi ta plume...
Il y a quelque temps, j’ai côtoyé une autre époque par la découverte de lettres et de livres de comptes qui comportaient des « écritures à la main ». Fines ou grasses, serrées ou lâches toutes concernaient la récente histoire d’une famille. Les derniers plis dataient des années 1950 et certains étaient vieux de deux siècles. A un moment donné, j’ai renoncé au contenu de ces récits qui insistaient sur la gravité d’événements passés, laissaient percer une situation cocasse, adoucissaient les peines d’un frère ou d’un ami.
Je me suis contenté de caresser du regard la calligraphie. Dieu, que ces écritures étaient belles et difficiles à déchiffrer pour des yeux habitués aux caractères imposés par les machines !
J’ai imaginé que nos écrits d’aujourd’hui seraient décryptés à leur tour et, qu’ainsi ce qui était actuel serait, demain, des textes « anciens ». Avec quelle aisance pourront-ils se lire ? Quelques vaniteux n’hésiteront pas à répondre que l’ordinateur ayant définitivement fixé les règles de la communication écrite d’un bout à l’autre de la planète, tout est organisé à jamais. En admettant que des outils finissent par équiper le monde entier, les signes eux seront différents de ce qu’ils sont maintenant. La forme de l’écriture est obligatoirement adaptée au présent. « Les smileys », « binettes » ou « émoticons » ces réducteurs d’écriture employés par les ordinateurs, sont là pour signifier cette évolution. Dés lors, l’homme qui découvre les signes tracés avant lui sera toujours contraint de retrouver le sens des conventions du moment et devra tenir compte des dispositifs et supports qui ont servi à coucher par écrit des épopées, des faits quotidiens ou des sentiments.
Nos écoliers n’ont aucune idée de ce qui a été vécu par leurs aînés, il y a peu, durant leur scolarité. C’était l’époque – vers 1960 – où l’usage de « la pointe bic » en plein essor commercial, était interdit. Se servir d’un « stylo à bille » valait une sanction. L’encre « violette » était reine. On la puisait avec « un porte plume » dans cet encrier de faïence blanche, incrusté sur le pupitre. A ce moment là les buvards – ceux qui comportaient de « la réclame » se collectionnaient – étaient indispensables pour limiter la catastrophe, « le pâté ». Les gommes au double corps étaient tolérées : le côté rose servait à effacer le « crayon à papier » tandis que le bleu était censé faire disparaître les traces d’encre. Quelquefois, on finissait par faire un trou à l’endroit qui devait être corrigé ! L’effaceur n’était pas encore né et si l’on voulait que « le cahier soit propre » il fallait avoir recours au fameux « Corrector » qui imposait de déposer délicatement une goutte de liquide rouge et d’ajouter ensuite une larme de liquide blanc sur la tâche ou la rature, pour qu’un miracle se produise éventuellement. Régulièrement, les lignes et carreaux imprimés en avaient pris un coup. Les « stylos à encre » qui se rempliront avec une pompe arriveront plus tard, tandis que « les cartouches » n’étaient pas encore nées. Certains se souviennent de ces premières cartouches, qui furent d’abord en verre avant d’être en plastiques : On s’en mettait plein les doigts et l’on maculait ses poches…Et puis, il y avait ce débat institutionnel - et sans intérêt - qui est finalement resté dans l’encrier : Fallait-il écrire droit ou penché ? Evoquer cette période ne peut se faire sans référence à la « Sergent Major » dont l’imagerie des boites a fait rêver des générations qui, dans le même temps, « suçaient la plume » lors des premiers usages pour « la faire » et lui permettre de courir sur la feuille.
On pourrait ainsi remonter aux peintures rupestres, aux rouleaux de la Mésopotamie , à l’Egypte ancienne, aux Chinois et aux arabes, rendre hommage aux copistes et à la plume d’oie, saluer l’imprimerie - cette complice de la Liberté - pour constater que dans différentes régions du monde, depuis un peu moins de 6000 ans, en écrivant de gauche à droite ou à l’inverse ou de haut en bas, les hommes ont mis en place des codes de reconnaissance destinés à sceller ensemble la parole et l’âme en une multitude de signes de vie. Une façon pour ceux qui accèdent à cet art de la pensée, d’affirmer leur existence ou de donner une consistance à leurs actes. Est-ce le sens de ces « tags » qui salissent nos murs ? Peut-être.
En tous cas, l’ère de l’ordinateur et du texto ne peuvent qu’intensifier le processus scriptural et favoriser, hélas, sa standardisation. Désormais les hommes sont à la merci d’une écriture dépersonnalisée et banalisée. A chacun d’entre nous d’éviter le piège de la normalisation et de continuer à chanter et à écrire comme le poète, « Au clair de la lune, Mon ami Pierrot, prête moi ta plume pour écrire un mot… »
18:15 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, moeurs, éducation
23.07.2008
"Tirez, Tirez, ils ont pissé partout"
Le sujet est scabreux. Il appartient pourtant à notre ordinaire. Est-ce un reste de pudeur qui fait obstacle à son évocation en société ? On en parle subrepticement, discrètement et si j‘ose dire, du bout des lèvres. Cela permet d’assister parfois à des scènes cocasses.
Celle-ci par exemple : Dans un brasserie ou autre lieu public vous cherchez l’endroit des yeux et votre quête reste vaine. Vous vous rapprochez tout naturellement du garçon de café et vous lui murmurez une demande qui concerne quelque chose dont la dénomination doit, pour vous, se prononcer à voix basse. Et c’est là que votre interlocuteur vous répond de manière tonitruante au point que tous les convives se retournent. Vous cherchez « les toilettes » ? dit-il à la cantonade. « C’est là ». Parfois, pour appuyer sa déclaration il reformule la demande, articule fortement le mot interdit, et donne la direction, d’un doigt moqueur. La dessus, vous rougissez et vous décampez sans demander votre reste.
Dès notre plus jeune âge, l’endroit en question est affublé de nombreux diminutifs ou de noms de pacotille. Seule une question récurrente résume l’ambigüité de la demande et de la fonction. L’incontournable « veux-tu aller au petit coin ? » prononcé avec un air contrit et un sourire en coin appartient au rituel de l’enfance. Conséquence directe : Le lieu d’aisance demeure un sujet tabou, vu du petit côté de la lunette.
Il semblerait que le lieu mérite la considération sociale et qu’il soit en pleine évolution puisqu’il trône désormais en librairie. Différents ouvrages lui sont consacrés. Le dernier né est le « wc-book » (Editions Daniel Petiot). Diffusé à la fin de l’année il s’arrache sur les rayons comme un best-seller. L’ouvrage contient des digressions de toutes sortes, des infos insolites ou people, des mots croisés et sudokus, horoscopes etc… Bref, un almanach qui vous donne envie de traîner dans la place. Un vrai livre de cabinets pourrait-on dire lorsque cette appellation vise l’endroit où l’on place et expose des objets de curiosité ou d’étude. Cette valorisation de la garde-robe, des waters, water-closet, pipi-room et autres désignations, - vous faisant grâce de la vulgarité des autres dénominations - est un pas intéressant sur le plan sociologique.
La reconnaissance, passe aujourd’hui également par Internet et à cet égard, je ne résiste pas à vous envoyer vers un site exceptionnel et pour le moins original. Sa seule vocation est de mondialiser la présentation et les prestations des toilettes publiques et privées en donnant des détails croustillants, communiqués par les utilisateurs qui peuvent télécharger leurs avis de passage. Sur http://www.baignade-interdite.com/ vous trouverez tout ce qui attrait aux toilettes des hôtels, des restaurants, des cafés, des musées, des théâtres, des gares, des entreprises et de tous autres lieux publics. Tout est très facilement accessible par ville et forme un guide détaillé. La somme des toilettes du monde. Parfois une photo – en nombre insuffisant – vient confirmer les dires. Un classement étoilé est établi. Le cinq étoiles étant bien sûr le nec plus ultra. Ne manquez surtout pas de lire les commentaires. Certains sont significatifs d’un endroit qui ne vaut pas le déplacement ou qu’il ne faut jamais visiter ! Une façon de lever le couvercle, sur ce qui était récemment encore protégé par une chape de plomb. Indéniablement, cette petite encyclopédie spécialisée est déterminante de notre mode de vie, de notre modèle social, de notre prise en considération de l’hygiène. Trop souvent, les toilettes ne sont pas à la hauteur de la réputation d’un pays, d’une famille, d’une entreprise ou d’un établissement. Notre pays n’est pas des mieux placés en ce domaine.
Sans compter les débordements que connaissent nos villes et nos villages, infestés par ceux qui soulagent leur vessie en tous lieux. Comment lutter contre ce phénomène ? Les collectivités imaginent des solutions. La mise en œuvre de grandes campagnes de sensibilisation telles celles qui visent à faire front aux déjections canines, l’accès gratuit aux toilettes placées sur la voie publique, la prochaine installation de « tôle ondulée » sur les parois murales afin de salir les chaussures et pantalons des indélicats, seront-elles suffisantes pour mettre un terme à ce fléau urbain qui transforme en pissotière les moindres recoins, les parkings, les escaliers, les abords des gares ? Quels sont leurs auteurs ? Leur éducation seule est-elle en cause ou s’agit-il pour eux d’un jeu ou d’une habitude ? Doit-on y voir le refus du respect de l’organisation sociale ? Faut-il sanctionner plus régulièrement les actes de ces individus de tous âges ? A noter que, privilège des hommes, les femmes sont de plus en plus souvent dans la course, entre deux voitures en stationnement. Peu importe, la cause, le sexe ou l’âge des contrevenants, le résultat se fait durablement sentir. C’est scandaleux ! Il est vrai que l’affaire est plaidée depuis longtemps puisque Petit Jean dans Les plaideurs de Racine disait déjà « Tirez, tirez, ils ont pissé partout ».
20:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, sale, toilette, chiotte, hygiène, salubrité
15.07.2008
Les règles du trop
J’espère ne pas m’attirer les foudres des associations protectrices des animaux et plus particulièrement des colombophiles si, en traitant d’un sujet délicat, dans toute l’acception du terme, j’en viens à évoquer cette vérité que certains jugent opportun de chuchoter alors qu’il conviendrait , au contraire, de l’alléguer au grand jour : Les pigeons, nuisent à la beauté de nos monuments et finissent par déparer nos villes.
La situation concerne d’ailleurs la plupart des pays d’Europe. La France et l’Espagne, dont on parle beaucoup en ce moment pour d’autres raisons, à la fois historiques et religieuses, sont aux premières loges. Sur les côtes de la Méditerranée , en péninsule Ibérique comme dans nos régions, des populations entières vivent en colonies dans les moindres anfractuosités du littoral. Ce qui nous amène à voir apparaître en nombre et, de plus en plus souvent, le pigeon domestique dit « biset », puisque c’est de lui qu’il s’agit, dans le plus petit village côtier. Réflexe normal de ce migrant qui, depuis quelques années s’est vu chassé des villes, que de se réfugier dans les bourgs alentours. Poussé par les événements ou les contraintes du développement, il habite à l’endroit où le vent le mène. Dans les Alpes, le Massif Central ou la côte Normande. Que la situation soit claire : Je n’ai rien contre le pigeon, animal domestique. Je ne suis pas colombophobe. De même, je me refuse à le qualifier, comme certains, de « nuisible » ou de « rat volant ». Cela est injuste. Il semble plus judicieux de vivre en bonne intelligence tout en limitant d’une manière ou d’une autre, la prolifération de l’espèce. Proscrire son existence reviendrait à refuser une partie de notre histoire. Ce serait oublier qu’il a intégré notre vocabulaire et notre vie quotidienne.
Le roucoulement par exemple, fait partie des bruissements de nos balcons et terrasses et il n’est pas rare que quelques uns d’entre nous, profitent pleinement de la rondeur de ses sons sourds et graves, leur sérénade, offerte sous nos fenêtres. A noter que c’est le mâle qui « caracoule ou jabote » manifestant ainsi ses velléités face à une femelle. Je ne sais si vous avez eu l’occasion de le voir à l’œuvre, mais son manège est vraiment ensorcelant, Il ne se contente pas de se faire entendre, il insiste par bien des aspects. Il dandine du chef, s’appuie d’une patte sur l’autre, avance à petits pas et surtout, il met sa queue en éventail. C’est, chez lui, déterminant de sa volonté, sa réputation de reproducteur faisant le reste. Il faut dire qu’à raison de deux ou trois portées par an, il a de quoi pavoiser notre ramier et ne veut, en aucun cas, se faire « pigeonner » par la concurrence. Il a en tête l’air de ses camarades de jeu et, voulant arriver à ses fins, il est décidé à aller jusqu’au bout : « Alouette, je te plumerai, Alouette ». (Air connu dans les années 60) Il est d’autant plus pressé d’agir ici aujourd’hui, qu’il sera demain ailleurs. Il est un peu « pigeon voyageur ». Chez lui, c’est génétique. De plus, il se sait combattu par ceux là mêmes qui disposent de ces machineries et armements qui font obstacle à ses projets dans le temps. Notons que si « un pigeon se lève tous les matins » les nôtres sont de plus en plus aguerris contre les moyens mis en œuvre pour les faire «déménager » de site à coup de canon. Il est bien connu que les bombardements ne les inquiètent plus. Ils nous signifient ainsi qu’on s’habitue à tout, aux bruits et aux pollutions des villes. Ils craignent encore le « tir au pigeon ». Mais en réalité, ils savent qu’il s’agit de calembredaines réservées aux fanatiques de la gâchette, catégorie bien particulière d’individus qui, depuis longtemps, préfère tirer sur un pigeon d’argile, une assiette. Les chasseurs pourraient également nourrir leurs angoisses. Mais, ceux-là aussi obéissent à des règles définies d’avance. Par surcroit, ils ne s’intéressent pas vraiment à leur plumage gris, piètre trophée, maigre pitance. Tout ceci intéresse à peine quelques gazetiers de colombiers qui se gaussent souvent du fameux « pigeon vole », jeu qui retient encore l’attention, mais pas pour longtemps, de quelques enfants d’un autre monde.
Il n’en demeure pas moins que le pigeon « commun » salit notre environnement et que la société standardisée vers laquelle nous nous dirigeons vit mal cette cohabitation obligée avec celui là même qui, pour l’heure, habite sans retenue nos clochers, nos places et édifices. Je suis même étonné que les écologistes demeurent silencieux à son égard, car il est un pur produit de croisements qui l’ont éloigné de la typologie et de la morphologie de sa noble race d’origine : le biset n’est plus qu’un lointain cousin qui veut encore nous faire croire qu’il s’agit d’un pigeon. Pour autant, cela ne mérite pas de le faire disparaître de notre paysage habituel car on peut se demander si certaines de nos rues et quartiers pourraient se passer de leurs battements d’ailes. Dés lors, le problème n’est pas simple à résoudre car il faut garder la raison entre notre monde et le leur, veiller à l’équilibre. Rude tâche que celle qui consiste à énoncer avec tolérance les règles du « Trop de pigeons nuit à la santé ». Je parle des pigeons posés sur leurs pattes, pas des pigeons rôtis.
18:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : société, consommation, pigeon, association, ville, patrimoine
05.07.2008
La couche du bonheur
Il y a très longtemps que je voulais vous parler de la couche. Que la votre et la mienne soient différentes c’est possible. Mais d’une manière ou d’une autre, nous en avons tous une, au plus près de nous. On vit avec et je dirai même que l’on ne peut pas vivre sans elle, aujourd’hui et sous nos latitudes.
A y bien réfléchir l’histoire est très ancienne. C’était déjà comme ça il y des lustres et quel que soit l’endroit. Chacun a connu sa couche. La différence entre les couches peut paraître insignifiante pour certains. Elle est pourtant déterminante de la vie à deux. Au risque de vous choquer je vous dirai que l’air de la couche change tout. Cela peut être source de polémique car la couche laisse finalement peu de possibilité, dans la forme, aux hommes et aux femmes qui veulent vivre ensemble. Une couche sous le même toit implique un choix.
Laissons de côté le luxe offert par les temps anciens qui permettaient d’envisager des chambres séparées et cet usage « très tendance » qui envisage la vie en couple à condition de vivre chacun chez soi, pour constater que seuls sont à notre disposition le lit double ou les lits jumeaux. Pour dormir, se reposer ou faire des galipettes nous sommes condamnés à passer un peu plus de deux jours par semaine - le tiers de notre vie - sous la même couette, ou en couette isolée. Certes il faudrait aussi envisager les lits superposés mais cette hypothèse reste simplement une présentation étagée de la séparation des corps, sans autre fantaisie qu’un « bonsoir chérie » dit du haut d’une échelle. Je ne l’ai jamais vécu mais j’imagine que c’est à cet endroit que le sport et la poésie se mettent en ménage. De même ne seront pas évoqués ici le lit qui permet la guérison du malade ou autour duquel se tient la dernière réunion de famille.
Les professionnelles qui se penchent régulièrement sur la chose – je veux dire toutes les bonnes maisons hôtelières – ont un représentant qui vous pose rituellement cette question qui conditionne l’aménagement de la chambre : C’est la fameuse demande connue sous le nom de, « Avec un grand lit ? » Parfois l’interlocuteur est gêné et susurre la phrase les yeux baissés. Dans d’autres cas, les sous-entendus contenus dans son chuchotement méritent d’inscrire la formule au panthéon de l’hypocrisie ou de la convoitise. Généralement sa religion est faite sur votre avenir. Selon l’âge, les charmes ou la volonté de l’accompagnant(e), le sourire en coin de l’hôtelier est significatif d’une situation qu’il imagine riche de chaudes aventures. A tort ou à raison, car il ne sait pas quels drames peuvent se nouer à partir d’une indisponibilité dans une forme ou dans une autre.
Imaginez un peu ceux qui, par habitude, sont séparés et qui pour cette nuit là se retrouvent réunis sous les mêmes voiles. On peut craindre le pire. Dés le début, cela tire de tous côtés. Aucun des deux ne veut abandonner une once de son territoire. Chacun s’installe comme il le fait ordinairement dans « son lit à une personne ». Chacun tire la couverture à soi. La lutte peut être rude et durer toute la nuit. Elle peut être ponctuée par des « j’ai chaud, j’ai froid » ou des « donne m’en un peu » et « arrête de bouger comme ça ». Il peut y avoir aussi des « tu prends toute la place ». A tel point qu’au matin chaque belligérant désireux de rester maître de son bout de drap se sente moulu, coincé dos à dos ou au bas du dos de l’autre, sans avoir fermé l’œil alors que l’autre ronflait comme un sonneur. Ce qui est, parait-il, insupportable. Bref, une histoire à dormir debout. De tout cela l’hôtelier ne saura rien.
Ce ne sera pas le cas de ceux qui communément dorment ensembles et qui cette nuit là sont esseulés. Ceux là, laissent souvent des traces derrière eux. Car, la première chose qu’ils font en arrivant dans la chambre est de rapprocher les deux lits ! Mais, ils sont loin d’être au bout de leurs peines. Les lits joints sont rapidement considérés comme une démarche insuffisante pour eux qui, selon leurs usages quotidiens, vivent du deux en un. Dés lors, l’un occupe le lit de l’autre au point qu’ils finissent par dormir à deux dans un lit à une place. Sans compter qu’ils ont essayé de faire la chose dans l’espace imparti et que cela a imposé des figures qui n’étaient pas loin de faire penser au radeau de la méduse. L’un était en haut quand l’autre était en bas. Les habitudes ont la vie dure et l’on ne change pas de couche comme de chemise.
Le dicton a raison quand il nous dit « comme on fait son lit on se couche » et finalement c’est à bon droit que l’on doit rechercher ce qui nous convient le mieux pour aménager sa niche et s’attribuer ainsi une couche de bonheur.
18:21 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, moeurs, couche, président, moralité
03.07.2008
Lutte d'influence
Ils viennent régulièrement visiter nos consciences. Ils appartiennent, à une imagerie simpliste. Ils sont deux. Ils sont frères ennemis depuis toujours ou tout au moins depuis longtemps. Ils sont rusés au point d’employer tous moyens pour nous convaincre. Il faut bien avouer qu’ils déploient, chacun à leur manière, une argumentation en béton. Bien entendu ils plaident chacun pour leur paroisse et ils ont des avis diamétralement opposés. Quand l’un fait appel à la logique, l’autre invoque le plaisir. Le premier est économe, l’autre est dépensier. L’un vous dit que c’est important, l’autre que c’est superflu. Ils font feu de tout bois, pour avoir raison. De qui s’agit-il ?
L’un est un petit diable tout habillé de rouge et l’autre cet ange tout de bleu vêtu. Pour la plupart d’entre nous ce sont eux qui sont consultés en premier, pour distinguer le bien du mal, l’important de l’accessoire. Ils ont un avis sur tout et pour tout. Est-ce qu’ils nous simplifient l’existence ? Pas sûr. A l’inverse, que ferions nous sans eux ? De plus il faut bien reconnaître que très souvent, nous ne leur simplifions pas la vie. Et par voie de conséquence nous compliquons la nôtre… Faut-il reconnaître pour autant que ceux qui n’ont pas affaire à eux sont plus heureux ? Pour eux, la vie doit être difficile puisqu’ils ne peuvent faire acte de discernement et choisir l’avis du rouge ou du bleu. C’est le discernement qui donne corps à toutes nos actions quotidiennes.
Le discernement est source de tolérance, de compréhension. Il fait obstacle à la flatterie, permet le pardon. Et contrairement aux bruits que certains font courir, discerner n’est pas privatif de liberté. Il favorise la liberté d’action. Sans contrainte. C’est à partir de ce discernement que l’on peut continuer à cohabiter avec l’être aimé, à se rendre à son bureau tous les matins, à accepter un emploi qui n’est pas tout à fait celui recherché, à aller visiter une parente éloignée, à ne pas adhérer à la première secte venue… Cela étant, l’avis du diablotin est très souvent séduisant. Demain tout sera peint en rose, c’est promis. Fieffé menteur ! Nous le savons pourtant que ses promesses doivent être combattues… Nous le savons pourtant que ses conseils sont nuisibles à terme… En acceptant son avis nous nous laissons aller à la facilité sans descendre au plus profond de notre âme pour démêler l’écheveau des possibilités offertes.
En réalité, ce n’est qu’après avoir fait le petit compte « des plus et des moins », que la décision doit être prise. Cela demande, incontestablement, une certaine formation culturelle et sociale. Il semble que la Société ne nous prépare pas vraiment aux questions que nous devons nous poser avant d’adhérer à une solution plutôt qu’à une autre. Il apparaît même que de l’extérieur nous soyons poussés vers cette solution facile qui, bien entendu, entraînera la réalisation du projet, de l’envie etc… Pour certains groupes de pressions, il n’y a pas de raison d’avoir des doutes sur la bonne voie à suivre. C’est la formule zéro effort qui doit être retenue, d’autant qu’elle est présentée par ceux qui pensent pour nous… et à la défense de leurs intérêts !
Partant du principe que le discernement fait aussi appel « au vécu » et plus exactement aux expériences vécues par chacun d’entre nous, ceux qui veulent influencer nos décisions anticipent sur l’avenir. Tous les statisticiens le savent, la décision prise aujourd’hui n’est pas celle qui aurait été prise hier… Dés lors, c’est bien connu, puisque que rien n’est simple en ce domaine, il suffit d’influencer chacune de nos consciences pour avoir un résultat collectif !
Et pourquoi diantre faut-il que l’on ne nous laisse pas en paix - et en toute liberté - décider et savoir ce qui est économiquement et politiquement bon pour nous ou pour notre pays. La plupart d’entre nous sait apprécier le meilleur et le pire, y compris dans le doute, et même si comme l’a dit Jean La bruyère « Après l’esprit de discernement, ce qu’il y a au monde de plus rare, ce sont les brillants et les perles »
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30.04.2008
Le couteau comme alibi
J’ai entendu dire que le « couteau Suisse » n’était plus ce qu’il était… Ce ne sont là que des ragots de la plus mauvaise espèce. Le couteau Suisse reste ce qu’il est depuis longtemps, à l’emblème de ce doux pays protégé par ses montagnes, son « fendant » et sa bise. Non, ce qui nuit actuellement à cet outil universel comme à ses congénères français ou d’ailleurs, vient d’un coup monté en bas pour, parait-il, nous protéger en haut. Et c’est là que le bât blesse, si j’ose dire.
Les crapules du 11 septembre ont mené à bien leur funeste entreprise en vol, cutter à la main. Une des conséquences de ces événements fut de donner naissance à des emplois réservés dans les aéroports. Discrets dans un premier temps, ces contrôleurs aériens d’un nouveau genre, se sont rapidement fait entendre via des mouvements de pression de toutes sortes. Dés lors, ce qui à l’origine n’était qu’une simple porte de verre à franchir s’est transformée en un hall hautement sophistiqué où bourdonne un nombre d’abeilles impressionnant.
Avant d’arriver au fameux portique électronique l’usager est contraint de suivre un parcours du « passager combattant ». Souvent, un premier contrôle est effectué en amont de la file, pour vérifier que vous êtes bien porteur de votre billet, tandis que le même examen est répété à l’orée du sas de sécurité. Là se trouve un gardien qui donne accès au portique et qui, en même temps, doit distribuer des caissettes permettant de déposer vêtements et objets. Bien entendu, l’officiant ne peut vous sourire ou vous aider à installer vos affaires dans la boîte car il est, sans doute, trop préoccupé par la difficulté de sa tâche. Mais le pire est à venir. Alors que vous vous êtes débarrassé de votre manteau et de votre veste contenant clés, monnaie, téléphone, voire de votre montre, de vos lunettes, boucles d’oreille et de votre médaille de première communion, vous déclenchez un spectacle de sons et lumières en passant sous le portail magique. Tout le monde est prévenu à l’entour que vous êtes porteur d’une chose défendue. Un haut le cœur vous tétanise, le rose vous monte aux joues. Vous n’avez pas le temps de faire l’inventaire de ce que vous avez bien pu laisser dans votre poche de pantalon ou votre calicot que vous subissez immédiatement le regard suspicieux d’un planton qui sollicite une fouille tactile tandis que son collègue vous passe le long du corps, un détecteur de métaux ! Tout cela dans un brouhaha invraisemblable qui vous fait découvrir cette merveilleuse ambiance de la « zone de sécurité », un avant goût du voyage et de l’aventure ! Vous pouvez enfin connaître, de par sa discussion avec sa voisine, la marque de couches-culottes habituellement utilisées par cette « contrôleuse » fréquemment vautrée derrière un écran et qui laisse défiler des images auxquelles elle n’accorde apparemment aucun intérêt. Parallèlement on discute à voix haute et on s’interpelle fort sur le dernier film télé ou sur les horaires de travail et leur folle cadence. Tout cela comme si vous n’existiez pas !
Avant que la parade ne s’achève par la fouille manuelle de votre sac ou de votre bagage à mains, sous l’œil malicieux du passager suivant, les opérations de contrôle connaissent des variantes. Ainsi l’ordre vous est intimé, du doigt, de repasser sous le portique. Généralement ça sonne de plus belle ! Une boucle de ceinture, une bague, un bracelet ou toute autre bimbeloterie est à l’origine du trouble que, tel le chercheur d’or qui exhibe sa pépite, le contrôleur désignera avec l’air du vainqueur de l’Annapurna ! Mais l’histoire n’est pas finie car il peut vous être demandé de repasser sous le portique autant de fois que de besoin. Ainsi, ai-je assisté récemment, sur un vol intérieur au départ de Roissy, à une noria qui s’achevait par la demande faite aux passagers de se déchausser. Le plus triste - et le plus long - concerna des femmes de tous âges, contraintes d’ôter leurs bottes ! Sincèrement les voir se rechausser en public et, pressées par le temps, s’emmêlant dans leurs tiges, sans la moindre chaise salvatrice à portée m’est apparu intolérable. Dans le même esprit, que penser des vidéos qui dans les halls d’attente donnent la liste des objets interdits en avion, tel un révolver ? Qui peut sérieusement imaginer que ces images, contrôles et exigences font obstacles aux intentions belliqueuses ou à l’imagination des terroristes ? Les tristes exemples de Madrid et Londres sont là pour démontrer qu’il y aurait lieu de surveiller de façon identique, les gares, les cinémas, les fêtes foraines etc…
Assurément, les vérifications effectuées à l’entrée des avions sont nécessaires et utiles. Simplement, elles deviennent stupides, dans leurs excès. Ces exagérations sont nuisibles à la bonne marche des aéroports et à l’industrie de la coutellerie, privée de ses ventes de canifs ou de ciseaux de voyage. Cette démesure du contrôle se présente comme un « alibi de société » qui permet de faire croire à une sécurité qui est en réalité très relative si l’on tient compte du périmètre d’une zone aéroportuaire. De plus, pourquoi les entreprises chargées de ces missions ne prendraient-elles pas le temps d’apprendre à leurs employés les rudiments de la courtoisie et du discernement ?
18:33 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : société, parano, avion, couteau

