19.06.2008

La déchirure

Pour faire court et céder à la mode qui  réduit les mots à une seule syllabe, la récente affaire relative à une défloraison, découverte  postérieurement au mariage, est une affaire de cul. Plus précisément, une histoire de culture, nœud de cette intrigue  qui touche à la virginité.

Prenant appui sur le Code Civil, c’est à bon droit que la décision a été prise, sans préjudice de critiques à l’égard du magistrat ou du ministre de la justice qui - Dieu soit loué – sont des femmes.  Le jugement ne concerne la virginité que de manière implicite.  En quelque sorte, il s’agit d’un vice caché qui est venu entacher, non pas les draps, mais le contrat sur lequel repose l’accord des parties. Il ressort qu’Il y a eu tromperie sur la chose, un mensonge sur l’état du matériel. Or cette erreur « dans la personne ou dans ses qualités essentielles »  colle à la peau de certains  pratiquants de la religion musulmane. Comment imaginer que les défenseurs de ces coutumes ne se soient pas, un jour ou l’autre, engouffrés dans la faille offerte par les textes qui prévoient l’annulation du mariage ? Ce serait faire fi de leur volonté d’introduire leurs règles dans notre société. Ils s’efforcent de le faire insidieusement, par doses homéopathiques, avec prises régulières : Des horaires de piscine adaptés aux hommes et aux femmes, le choix du sexe du médecin dans les hôpitaux, la non mixité des écoles etc..  Tout ceci touche autant les mœurs et les habitudes européennes que le voile posé sur le mont de Vénus. Mais devant cette annulation scandaleuse, cette ignominie, cette exigence d’un autre âge, tout le monde occidental en met une couche pour justifier la coucherie. Chaque groupe se sert de l’autre pour justifier sa position. Les laïcs, les groupes politiques de gauche, comme de droite,  prennent un coup de sang. Les hommes qui ne veulent surtout pas se voir privés du plaisir de toucher aux jeunes vierges, aident les femmes à se défendre au nom de la libert é qu’elles ont obtenue, à coups de reins, de faire ce qu’elles voulaient de leurs corps. Tout cela, bien entendu, en invoquant  les droits de l’Homme et la Constitution. En réalité quelles seront, dans le temps, les conséquences de ce dossier, entièrement monté par ceux qui souhaitent défendre leur bout de gras ?  

Cette femme qui vient de voir son mariage annulé, avec son consentement, restera sans aucun doute dans la mémoire collective musulmane, car elle servira d’exemple. Certains esprits bien pensants de nos contrées évoquent l’humiliation qui sera la sienne en omettant de signaler son honnêteté et son courage. Elle aurait pu se faire recoudre et ne rien dire. Elle aurait pu invoquer un accident pour éviter les foudres d’un mari frustré par sa déception. Elle aurait pu adopter une attitude de chatte battue et se réfugier dans le silence de l’Amour. Si elle avait aimé celui qui devait être son mari, elle aurait tout accepté, car « l’amour est plus fort que tout » (Saint Paul).  Il est patent qu’elle a préféré l’annulation à la contrainte du mariage forcé. A ce titre, elle sera vénérée en tant que femme qui a gagné son combat de femme contre une religion, qui impose une loi qu’elle ne voulait pas subir.  On ne peut que se réjouir de l’issue de cette lutte puisqu’elle aura permis l’avancée et la défense de ses congénères devant ce qui est imposé. Telle la petite chèvre de Monsieur Seguin, elle s’est battue toute la nuit, jusqu’au dernier moment et n’a pas cédé aux exhortations multiples. Elle avait déjà vu le loup. Elle savait ce qu’il fallait dire pour éloigner la bête.

Cependant, derrière cette victoire à la Pyrrhus , les tenants des règles islamistes viennent de se faire un coup de pub de taille, avec la complicité de tous ceux qui ont levé les bras au ciel en les montrant du doigt : Mis en échec,  ils jouent sur du velours à l’égard de toutes celles qui auraient eu des velléités à se fondre dans le moule du monde environnant. Ils font sonner les trompettes de l’impossibilité du mariage à venir, la désapprobation familiale, la  honte pour celle qui arriverait au mariage après avoir consommé le fruit défendu. Qu’ainsi toutes ces femmes le sachent, elles n’auront droit au pardon de personne et surtout pas de leurs époux à venir. C’est bien connu là aussi, quand un homme aime une femme, avec l’intention de se marier il ne pardonne rien. Et surtout pas le fait que sa femme ne soit « plus » celle  qu’il croyait…  Bien que la virginité soit un bien sacré pour la femme qui, sans conteste, se différentie ainsi, avec  noblesse,  de l’homme, l’union de deux êtres qui se marient ne repose pas que sur « un morceau de chair ».

De plus, les défenseurs de la thèse font bruisser cette information déterminante sur la fierté que se doit d’avoir toute musulmane qui arrive vierge au mariage. Celle-ci sera d’autant plus fière qu’elle aura résisté à toutes les tentations de notre société. Envers et contre tout elle arrivera entière devant son mari et sera fière d’appartenir au corps des vierges qui savent respecter les mœurs, la religion et le mari promis par le père, le frère etc..  Elles constitueront  une caste disciplinée bénéficiant d’une aura, d’un label de qualité garantie. De plus, elles auront droit à des maris ayant acquis de l’expérience grâce aux  femmes qui,  pratiquant d’autres religions, peuvent arriver impures au mariage. N’est- ce pas là, après la tolérance accordée pour le port du voile une nouvelle manière d’accentuer la déchirure dans notre société ?