21.06.2008

Un vieux Pège

Que le danger soit imaginaire ou réel, le résultat est le même : Elle nous enveloppe, nous étreint, nous tétanise. Elle est présente dés notre plus jeune âge et prend des dénominations différentes selon l’événement concerné.

La peur, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est une réaction humaine ou animale légitime, face à une menace. Certes, elle peut servir d’alarme, mais reconnaissons que très souvent elle entraîne l’affolement voire dans certains cas la panique. Elle est la compagne de l’inquiétude et de l’angoisse. Lorsqu’une peur nous colle à la peau, nos réponses habituelles – ou logiques – sont guidées par une espèce de force intérieure qui se met en marche et que rien n’arrête puisqu’elle est irraisonnée. Plus exactement elle va chercher ses raisons, ses sources, ses motivations dans la partie invisible de l’iceberg que nous promenons tous sans y penser. C’est là, enfouies au plus profond de nous même, dans cet inconscient qui guide nos vieux réflexes amibiens que se retrouvent nos peurs, anxiétés et phobies. La peur du noir, dès notre plus tendre enfance et toutes les autres craintes rencontrées au long de notre vie, sans omettre celle qui concerne notre dernier soupir, sont blotties les unes contre les autres et restent en éveil pour immédiatement prendre le dessus à la moindre alerte Nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas. Nous avons peur de ce qui est nouveau. Nous avons peur des conséquences qui suivront tel ou tel événement. Elle donne naissance à cette appréhension devant l’épreuve et peut aller au-delà de notre volonté. Elle demande d’être à tout moment surmontée pour permettre la réalisation de ces actions qui imposent notre hardiesse. C’est peut-être ce qui a fait dire à Victor Hugo : « Il fallait qu’il eût bien peur pour avoir tant de courage. ».

Très souvent – et heureusement – nous sommes envahis par une peur bleue qui nous rend vert et qui se résume par cette phrase populaire et significative « Plus de peur que de mal » Cela est tellement vrai qu’il il nous arrive de dire, l’événement passé « « mais pourquoi, diable ai-je agi ainsi ? » Rare sont ceux qui avoueront que c’est la peur qui a troublé le propos, l’action ou la décision. Parce qu’il faut bien admettre que, reconnaître avoir eu la trouille, les jetons ou les chocottes semble en parfaite discordance avec la notion de l’humain accompli, de l’adulte responsable, de l’individu socialement établi dans un système équilibré, stable et paisible. Certes, la peur permet d’éviter bien des attitudes agressives ou regrettables en société mais elle est intervient aussi en « mauvaise conseillère ». A cet égard, elle est un ingrédient fondamental de la « non communication » entre les Hommes. Elle est alors un obstacle à la réalisation d’un projet, d’une ambition, d’une modification ou d’un changement. Elle peut être à l’origine de ravages dans l’entreprise, en politique, et de toute façon dans les rapports entre les hommes. C’est parce que la peur est ancestrale et se perd dans la nuit des temps, qu’elle peut se transformer en un moteur social. C’est au mépris de la peur que les Hommes ont finalement vaincu, avec intelligence et raison, les lions et les ours. Au cours des temps, les hommes se sont dit que la peur n’empêchait pas le danger et qu’il fallait être le plus fort. Qu’en est-il aujourd’hui ? Un certain nombre d’individus de par le monde ont décidé – et ils semblent qu’ils aient réussis dans de multiples circonstances – de se servir de cet outil pour guider nos pas, en nous faisant peur. Les exemples sont légions et habitent nos média quotidiennement : La peur de manquer pour doper la consommation. N’avez-vous pas remarqué que, dans de nombreux domaines, la pénurie est à notre porte ? Vous l’avez entendu il n’y a pas longtemps, il faut absolument stocker du sucre… puisque dans d’autres pays cela se fait déjà ! Les matières premières sont au plus haut cours…On n’aura bientôt plus de blé. La catastrophe est pour demain. La crainte de l’apocalypse justifie la protection écologique, au point que l’on entend quelquefois dans les églises, en guise d’intention de prière : « Pardon pour la pollution des hommes ! » Et pourquoi pas, tant qu’on y est, pardon de vivre ? La peur ne pas être politiquement correct, c'est-à-dire la peur de penser et d’agir autrement que les autres qui eux sont conformes aux modèles entendus à la radio et vus à la télé… Et la peur d’être homophobe ? Cela va m’amener à consulter un psychothérapeute, puisqu’il peut m’arriver de plus savoir m’exprimer à ce sujet. Sans compter la peur d’être malade ou de ne pas être à la mode…

Une vraie machine de guerre est en place. Elle est au service de ceux qui dirigent les peurs avec l’ambition de nous prendre par la main pour nous amener dans le chemin de leur vérité et de leur profit. A chacun d’entre nous de réagir et d’éviter de répondre aux craintes déjà redoutées par Cro-Magnon : Ne pas tomber dans le piège dressé par des congénères. A ce moment là, ils se battaient, comme aujourd’hui, pour survivre. Les plus malins installaient des pièges pour faire peur aux uns et se débarrasser des autres…

27.03.2008

Et tu verras Montmartre

Comme l’information est de taille je ne résiste pas à vous la communiquer : Le pouvoir d’achat est l’objet d’une baisse sans précédent. Il m’a paru important de vous le dire, craignant que vous ne le sachiez pas encore ! Et si la cause tenait à la guerre qui gronde entre les fabricants alimentaires et les grandes chaines de  distribution ?

Chacun des prétendants a, pendant longtemps, campé sur ses positions. Puis, quelques escarmouches, émaillées par la publication de pleines pages de publicité, sont venues nous avertir que les uns et les autres étaient en train de fourbir leurs armes. Subitement, la situation est apparue dans toute sa gravité : « Rien ne va plus » se sont mis à brailler les adversaires. Analyser les raisons de ce coup de chaud dans les cuisines et déterminer si l’augmentation des prix du pétrole ou du blé, une future intervention du gouvernement,  le redéploiement des grandes surfaces sont les causes réelles ou des excuses d’opérettes relève d’une mission délicate pour un citoyen non averti. Cela exigerait aussi de connaître la stratégie de ces groupes de pression. Or, nous ne disposons pas de toutes les données qui nous permettraient d’accéder à une juste appréciation.

 

En tous cas,  ce conflit qui oppose les grosses légumes industrielles - qui essaient dans le même temps de  faire  sortir du jeu les fabricants de faibles tailles - et les marchands, ont mis en scène un grand barnum avec prise d’otages. Ce sont les consommateurs pris entre leurs feux croisés qui doivent arbitrer, combattre à leurs côtés, bref se sentir concernés. Une prise  en otage-spectacle qui politiquement arrive au bon moment. Une manipulation simple à utiliser puisqu’ils savent bien que le pouvoir d’achat est à la fois complexe et magique. Leurs salades sont de nature à rendre malade, à coup sûr, l’opinion. On touche au portefeuille de chacun en nous faisant savoir de manière répétitive que maintenant «  on n’en a moins qu’avant » parce que « ça coûte plus cher ». Un procédé qui, l’Euro invectivé en sus, est garanti dans ses effets. Quelles sont les raisons de cette affirmation ? Parce que le pouvoir d’achat est une notion difficile à mesurer précisément puisqu’il fait entrer de nombreux critères et biens de consommation dans sa considération et qu’il dépend des habitudes, voire de l’éducation et des réels besoins de chacun. Parce que ce pouvoir d’achat, est sans aucun doute en baisse en matière de dépenses alimentaires et exclusivement en ce domaine. Et ce depuis plusieurs décennies. C’est bien ce qui chagrine nos belligérants. Ils aimeraient bien que les consommateurs pensent continuellement à leur panse plutôt que de se préoccuper de plus en plus souvent de leur santé, de leur  confort, ou de leurs loisirs.

Les frères ennemis de la grande bouffe font monter la mayonnaise et nous mettent sous le nez la première conséquence de l’histoire : les pauvres auront de moins en moins dans leurs assiettes et les riches vont continuer de s’empiffrer. Il est à craindre que bientôt, peut-être, les maigres ou mal nourris vont s’en prendre aux gros ou aux ventrus. On approche de la disette. Les boulangers ne vont plus pouvoir fournir. Rappelez-vous, en 1789, c’était déjà comme ça ! Tous les moyens sont utilisés en ce sens. On multiplie les communiqués de toutes sortes ou on laisse se déployer des mouvements qui in fine  servent la bonne cause et la soupe chaude. Récemment on a pu en voir, l’illustration : Etalés un peu partout on pouvait trouver l’analyse du  contenu d’une poubelle émanant d’une famille aux revenus modestes et la poubelle d’une famille aisée !  Décor de bas étage destiné à engendrer la jalousie comme gouvernail. De mémoire, il y a longtemps que les consommateurs n’avaient pas été ainsi pris à partie. Sérieusement, qui peut croire que les uns comme les autres sont préoccupés à ce point par notre pouvoir d’achat ? En voilà une grande révélation. Tout d’un coup, ces gens là font appel à nous et veulent nous démontrer qu’ils pensent à notre portefeuille. Pourquoi ne pas imaginer aussi que demain ils viendront nous remercier de les avoir aidés à retrouver leur marge bénéficiaire ? Car au final, c’est bien cela qui concerne cette fameuse augmentation des prix pour laquelle les groupes en présence sont peu diserts. Dans quelle poche est allée la faramineuse augmentation ?

 

On peut toujours rêver et imaginer que les multinationales de l’industrie alimentaire et les distributeurs décideront prochainement d’une réelle éthique à notre égard. Ils nous cajoleront et nous feront « des prix imbattables » par respect envers nous et pour donner bonne suite aux beaux  principes déployés actuellement envers ce pouvoir  d’achat pour lequel ils aimeraient bien que nous les aidions encore et toujours plus. « Monte la dessus, et tu verras Montmartre » dit l’expression populaire à ceux qui par trop, sont naïfs.