29.07.2008
Avis de teuf
Les hommes ont toujours aimé « faire la fête »… Certains prétendent que ce sont les femmes qui ont inventé la fête. Ils ont raison, car ce sont sûrement pour elles que la fête fut organisée par les hommes. Devant la grotte ou le campement, les individus réunis autour du feu se sont probablement mis à gesticuler autour du foyer pour manifester leurs sentiments et leurs différences.
Il s’agissait peut-être de la première mise en scène permettant de faire valoir ses attraits au sexe opposé. Certaines peuplades poursuivent cette tradition festive ancestrale pour affirmer l’existence de leur communauté. Dans d’autres points du globe, la fête, moment fort, ciment entre les hommes, a évolué au cours des temps. Son expression suit le cheminement du polissage social. La fête s’est ritualisée, sacralisée, puis démocratisée. Elle est actuellement, dans nos sociétés occidentales, banalisée.
Des crues du Nil où flottèrent les premiers rubans d’offrandes en l’honneur d’Isis et Pharaon, en passant par les fêtes grecques, romaines, druidiques, les hommes de ces époques ont su marquer leur temps. C’est vers l’an mil environ que le sens de la fête coïncida, dans l’emploi du mot, avec la célébration d’un jour consacré par un contexte religieux. Les réjouissances prévues ce jour là se doivent de rompre avec les obligations quotidiennes et toutes les activités sont tournées vers le saint honoré. Le compagnonnage, étroitement lié à l’univers spirituel, a valorisé ses patrons, au point que de nos jours on trouve encore de-ci, de-là des reliquats de ces traditions. Par exemple, en l’honneur de Saint Joseph, à la fois patron de la Sainte famille et des charpentiers. Le concept s’est laïcisé à la révolution et l’on garda l’esprit tout en se tournant vers l’événement. Ce fut la fête de la Fédération. La dernière décade du XXème siècle a multiplié les occasions et fit de la fête un sujet intemporel. La fête de la bière, de la courge, du cassoulet, de la musique etc… Simplifiée et banalisée, la fête n’est plus un événement exceptionnel. Elle appartient au quotidien. Tout en est prétexte.
Des corps qui se déhanchent et une musique de « ouf », ajoutez une rasade de whisky, de gin ou de tequila et vous êtes au cœur de la fête du quartier ou organisée à tout bout de champ, entre copains. Les ingrédients sont déterminants de l’ambiance au point que quelques pastilles ou sucre en poudre se substituent parfois aux canapés dans le subreptice espoir que les choses se passeront mieux sur les sofas. Peu importe les raisons, le lieu, ou la saison qui motivent ces rassemblements de toutes sortes. Ils sont empreints du même modèle social. « Faire la fête », c’est principalement se retrouver serrés les uns aux autres, dans une cave, au fond d’une cour ou sous une tente, éclairés par des lumières psychédéliques et assommés par une déferlante de décibels. C’est à un moment donné, l’endroit censé favoriser des contacts avec d’autres personnes, sans que rien ne puisse permettre la communication, puisque les individus se voient à peine et ne s’entendent pas. Un monde où la félicité conjugue l’heureux isolement de chacun dans un ensemble de joies mouvantes, car plus ça bouge, plus c’est bon, plus « on oublie ». On oublie, quoi ? Tout. Ce qui contrarie ou ce qui est cause de stress ou de peines dans la vie quotidienne. On peut même en oublier les raisons qui ont généré la présence ou l’organisation de « la fête ». Ainsi se justifient les « gay parades » ou les fêtes du divorce ! Que mon mariage se soit soldé par un échec me permet de réunir et de compter mes amis, ma famille, parfois mon ex, autour d’un pot festif où je pourrai enfin m’éclater ! Une manière, parait-il, de vivre plus intensément. Il y a même des entreprises spécialisées qui se spécialisent dans l’organisation des « fêtes du divorce » comme pour les mariages. On pourrait envisager des cartons d’invitations qui porteraient la mention « Prudence, la biche à chasser sera cachée, pour le plus grand plaisir des invités dans la grande forêt des turpitudes de la vie ». En texto cela donne « y a de la caille come to get ». Quel dommage que la fête en soit réduite à cette dernière extrémité ! Car, faire « n’importe quoi » de la fête c’est en quelque sorte la « tuer ». La fête doit retrouver sa splendeur. N’en faisons plus simplement un « avis de teuf ». La joie et le bonheur ne se commandent pas.
20:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fête, fiesta, soirée, bruit, bonheur, amusement
21.07.2008
Lobby par ci, lobby par là
Puisque les cigarettes sont à l’origine de tant de maux, pourquoi sont-elles encore vendues dans des bureaux de tabac, agréés par l’Etat ? Si, rouler au-delà d’une certaine vitesse entraîne tant d’accidents mortels, pourquoi laisser fabriquer des automobiles qui se comportent comme des bolides ? S’il est exact que transporter du liquide dans ses bagages peut favoriser un mélange explosif, pourquoi autoriser le transport aérien de 100 ml par passager alors même que plusieurs personnes, dans un même avion, peuvent additionner les contenus et provoquer une catastrophe ?
Dans la crainte de ce même terrorisme des airs, pourquoi continuer à laisser libre accès à des bouteilles en verre, armes potentielles, dans des boutiques situées au-delà des contrôles aériens ? Pourquoi servir de l’alcool, nocif pour la santé, dans les réceptions offertes par les préfectures, mairies ou autres administrations ainsi que dans les avions et navires battant pavillons nationaux ? La liste de ces questions aux réponses incohérentes est sans fin.
Au nom des grands principes, notre pays est placé sous la férule de plus en plus contraignante de groupes de pression, émanant d’horizons divers, qui viennent régulièrement dicter leurs lois à nos gouvernants, de tous bords, qui sont incités à faire régner l’ordre au nom de la démocratie et de la liberté. Peu importe que le mécanisme soit pernicieux. Drapé dans un long manteau pourpre, l’Etat se sert de ces excuses sociales pour frapper tout écart du contrevenant. Il est vrai qu’il est tellement facile à contraindre, à punir et à traire ce contribuable, que ce serait dommage de s’en priver. L’égalité justifie la logique du système, parfois même - et de plus en plus souvent semble-t-il – avec dureté. Tout le monde est logé à la même enseigne. Sauf à s’inscrire en faux, diront certains car cet égalitarisme est bafoué par les plus habiles. Que me dites-vous là ? Bien sûr il y a cet automobiliste qui vous a doublé ce matin, comme un fou, pendant que vous respectiez la limitation de vitesse. Il se fera prendre par le prochain radar s’il poursuit de la sorte, à moins qu’il ne roule avec les points de sa grand-mère, muni d’un anti radar, avec un matricule falsifié ou étranger etc… Peu importe son sort. Pour les lobbys de tous acabits, ce qui compte c’est le nombre de moutons parqués dans le même champ. Tant pis pour les exceptions, qui sortent de la nasse. La manne est dans la grande hotte internationale des laboratoires, des fabricants, des entreprises de service ou dans ces « grands mouvements » qui trouvent un intérêt à l’endroit même ou le citoyen, le client, le consommateur, passif par la force des choses subira les avatars d’une spirale infernale.
Par ailleurs, pour influencer les citoyens, rien de mieux que d’aller les chatouiller dans leur intimité, de les apitoyer ou de leur faire peur, en leur donnant l’illusion que le Droit est de leur côté. Le Droit, sans aucune contre partie bien sûr. Il est un formidable ciment qui permet de lisser tous les individus en un même bloc, tout en donnant à chacun la possibilité de se plaindre à l’envie. Il permet même aux animaux d’avoir une âme ! Il n’est pas envisagé d’établir la liste des devoirs que devraient respecter les humains à l’égard des animaux, mais il suffit d’indiquer sur une grande banderole, comme celle installée il y a quelques jours sur les Champs Elysées, que « Les animaux ont des Droits » pour faire comprendre que l’on est à la tête d’une juste cause.
Pour arriver à bonne fin et justifier l’existence de leurs associations et manèges en tous genres, ces groupes de pression recourent régulièrement à l’existence de la souffrance nationale ou internationale – cf le Tsunami et les conséquences navrantes de la grande quête – et à faire naître une certaine anxiété ou répulsion face à une situation. Aujourd’hui par exemple, il y a cette nouvelle « liste noire » des produits dangereux. Il n’est plus possible de vivre sans la crainte permanente que représentent, subitement, ces substances dans nos maisons.
Toutes les actions de ces « faiseurs d’illusions » sont organisées derrière un grand rideau de fumée où le nombre d’or se confondrait avec le « risque zéro » pour tout et pour tous. Ce qui est, ils le savent bien, utopique. Le citoyen se croit protégé. Il n’en est rien. Naïf, Il participe même activement au développement de ces groupes de pression qui partout dans le monde encaissent les bénéfices économiques, politiques, sociaux ou religieux de leurs influences. Ils font feu de tout bois et plantent leurs banderilles dans le sang de la corrida ou dans celui répandu par les chasseurs, puisqu’ils défendent un fonds de commerce qui fait obstacle à la mort, Car, pour eux, c’est bien connu, la mort, c’est comme la solitude, ça n’existe pas.
20:00 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interdiction, liberté, incohérence, justice, bonheur

