27.11.2009
T’as tout pour plaire
Il faut vivre avec son temps : Les fleurs des blouses et les rayures des tabliers de nos grands mères rencontrées sur les marchés de la belle France profonde, les jeans usés ou déchirés aux genoux, sensés donner un style aux minettes qui n’en ont pas et les casquettes « rap » ne se remarquent plus. Rien ne permet de se distinguer vraiment dans le magma ambiant. « Le look » n’est plus ce qu’il était... Comment faire pour « exister » ?
Le « look », ce petit mot court sur patte qui veut dire allure, habillement, style ou même « touche » (lorsqu’il s’entend pour « une drôle de… ») concerne en premier lieu les frusques. Celles-ci sont les indispensables accessoires du « genre ». Il convient d’y adjoindre la dégaine qui donne l’air déjanté, bobo, déluré, artiste. Le débraillé, la barbe en bataille et la chemise pendante en complément et vous obtenez la panoplie des belles images de nos rues dans villes et villages. Mais, tout ce qui paraît pourtant extravagant n’est plus suffisant. Tout se confond dans l’identique et tout se démocratise. C’est presque pire qu’au temps du béret et de la baguette Comment se faire « remarquer » et se mettre en valeur ?
Heureusement, on peut faire confiance à l’imagination des plus brillants d’entre nous pour apporter une solution à cette espèce de besoin de « nouveauté » qui, sans aucun doute, caractérise les âmes bien nées. Celles - ci trouvent en permanence des moyens neufs pour attirer le regard et permettre ainsi aux meilleurs de se distinguer dans cette pâte molle et uniforme. Il faut, depuis peu, travailler « son look » au corps. C’est là que se trouve le secret d’une personnalité qui fait souvent défaut mais qui apparaîtra comme un vrai rayonnement d’intelligence grâce à ce « plus » que l’on rajoute à la créature. A moins que ce ne soit une « marque d’adhésion » à un groupe, ou l’expression d’un corps en folie, rien ne semble plus possible sans que quelques éléments indélébiles de décoration ou quelques trous par-ci par-là fleurissent, tous sexes confondus, sur les bras, le dos ou les fesses de toutes couleurs et de tous âges. Il paraît même qu’il peut y en avoir « ailleurs » mais je n’ai pas eu l’occasion de le constater.
« Sans ton tatoo, (ou ton percing) tu peux plus rien faire coco ! C’est ça le nouveau look : les oreilles percées, et des tatouages partout ça vaut le coup... Tu peux te les faire mettre là où tu veux, quand tu veux ! C’est ton corps et tu peux en disposer comme il te plaît ! C’est la vraie liberté. Ce n’est pas génial, çà ? » A ce sujet admettez avec moi que la saison qui arrive est bien sévère pour tous ces « tatoos » qui seront bientôt cachés au sein des pulls. Heureusement, même en hiver, resteront visibles les nombrils de la gente féminine : C’est à cet endroit que de petits brillants mettront le feu aux ailes des papillons bleus ! (C’est tellement distingué aujourd’hui de monter son nombril, avec un tatoo en prime) A noter : L’exposition se fait tout âge ou presque. Parfois il ne faudrait pas abuser de notre compréhension…
Je dois vous dire, pour rassurer les plus bilieux que je n’ai rien contre ce type d’ornements qui semble donner du plaisir à ceux qui les portent bien en vue. Par contre, il me plaît de rappeler que nous sommes en train de revenir à l’ère tribale et que le tatouage à une histoire et un symbolisme qui ne peuvent être négligés : Interdit par l’ancien testament, (le tatouage et toutes entailles dans la peau) le tatoo était déjà pratiqué chez les égyptiens avant d’être « re-découvert » par les grands navigateurs à la fin du 18ème siècle. Rapidement utilisé comme signe distinctif par la police ou par la justice il fut l’apanage des « durs » de toutes les contrées du monde. Remis à la mode récemment il devient le signe d’une époque qui cherche à « inventer » de nouveaux modes de communication, alors qu’en tant que tel, il est déjà un fait de société… Le tatouage est une façon d'afficher son allégeance à un groupe ou à « une cité ». Sociologiquement il correspond à « un passage » de la vie et signe « une initiation » d’adhésion.
Il y a lieu de rappeler aux porteurs de dessins sur la peau qu’ils ne font que reprendre de très anciens rites sans vraiment les comprendre. Par ailleurs ils oublient peut-être que les tatouages ont été parfois utilisés pour « marquer » les individus d’un signe indélébile. (Le dernier exemple est celui des camps de concentration). Reste que pour séduire, s'embellir, ou rendre « jaloux » ceux qui n’en ont pas, le tatou peut se présenter comme un instrument d’expression.
On ne peut que regretter que certains préfèrent se meurtrir le corps - pour longtemps ou pour toujours – pour attester d’une « différence » – alors qu’il serait tellement plus simple et plus beau de garder son intégrité en étant sûr de soi, c'est-à-dire de sa personnalité physique. Et ce, sans artifice. Le corps est une magnifique machine d’expression, qui se suffit à lui même. Transformer, de façon durable sa présentation peut sembler faire injure à la merveille de la Nature.
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19.11.2009
Je t’écris pour te dire….
De « l’écrit » ou de « l’oral », c’est ce dernier moyen qui, a priori, est prédominant dans les rapports humains.
Et ce, comme dans les huttes de nos ancêtres les gaulois. La radio et la télévision, le téléphone et le cinéma sont là pour attester de la suprématie de « l’oral ». C’est tellement vrai que, par principe, ce qui est « vrai » tient au fait que cela a été « dit et entendu, ». A partir de ce constat, quelle est la place de l’écrit dans notre société ? Que reste-t-il de l’adage selon lequel « les paroles s’envolent et les écrits restent »?
Il fut un temps où l’écrit était présent lors de certains actes importants de la vie civile. Il allouait à l’événement un caractère solennel. L’écriture venait confirmer une situation de fait ou conforter ce qui était déjà oralement connu. Ce fut l’époque où la tradition orale se servait d’un support écrit pour que les hommes puissent garder en mémoire la portée des actes accomplis à un moment donné. A l’issue de cette première période l’écriture fut réservée, élitiste, signe de reconnaissance sociale. La société était constituée par un petit nombre d’individus qui savaient « lire et écrire ». (Les deux vont souvent de pair). Tous les autres - les plus nombreux - se contentaient de la parole en « topant là ». L’affaire était conclue sur les marchés et ailleurs au « cul de la vache ». Cette ère là fut celle de la « parole tenue ». Donner sa parole valait engagement.
Le développement des journaux et du livre permirent à l’écriture, dés le XVIII ème siècle, de se glisser subrepticement dans toutes les couches de la population au point de faire apparaître comme incultes ceux qui, dans nos sociétés seront couramment qualifiés d’analphabètes dés le la fin du XIX ème siècle. Par voie de conséquence l’écriture a favorisé une certaine discrimination : La gêne est constante pour celui qui ne sait ni lire, ni écrire. Envisager seulement un déplacement dans les rues, le métro est, pour le moins difficile à imaginer pour celui n’est pas confronté à cet embarras. C’est le cas – hélas - pour un certain nombre d’étrangers qui abordent notre pays, « paperassier » par excellence. La plupart d’entre nous ne peuvent prendre conscience de telles difficultés qu’en se déplaçant au Japon, en Arabie ou en tous cas dans un pays où notre alphabet n’a pas cours. Ceux qui ont fait cette expérience connaissent « l’angoisse de la carte ou du menu non traduit » dans le restaurant de ces contrées. Une fois sur deux le convive se retrouve avec tout autre chose que ce à quoi il s’attendait… C’est drôle mais il ne faut pas que cela arrive trop souvent.
Cela étant si l’écriture est présente partout au point de laisser sur le bord du chemin ceux qui ne la pratiquent pas, « l’oral » continue sa vie et estime ne pas avoir perdu la bataille. « L’oral »multiplie les entreprises de charme pour nous laisser croire qu’il est le plus fort des médias et que l’on peut continuer à s’appuyer sur lui pour être mieux informé ou mieux compris. Il ne lâche pas prise. Ainsi par exemple sur Internet qui par principe et par nature est le domaine-roi de l’écriture, les vidéos font une apparition notable. « L’oral » vient ajouter son grain de sel. Comment se contenter du texte pour comprendre ? C’est grâce à l’explication orale que tout deviendra clair disent les tenants de la langue : « C’est Moi l’oral, qui vous guide et qui, avec ma compagne l’image, vous apporte l’indispensable explication de ce texte, terne, sans relief… Je suis la voix qui vous montre la voie à suivre… J’apporte la bonne parole ».
L’écriture n est pas insensible aux arguments tenus par « l’oral » et poursuit inexorablement sa conquête. L’écriture sait qu’elle est en train de gagner le combat, puisque plus rien n’est possible sans elle. Certes « Il l’a dit » mais « l’a-t-il écrit « ? Voilà le fonds de la question. Tout ce qui n’est pas écrit, signé, attesté par une écriture est contestable. L’écriture sait maintenant qu’on ne peut plus rien faire sans elle. Le contrat écrit est probant. La loi est écrite. C’est l’écriture qui fait foi. Il ne reste plus qu’un argument à « l’oral » : utiliser des moyens de mauvaise foi. L’explication de texte en est un exemple : Faire dire à l’auteur ce qu’il n’a peut-être jamais voulu écrire. Les Tribunaux également assurent la défense de « l’oral « : « Ce n’est pas ce que veut dire cette écriture dit l’avocat, mais le contraire… ». Peine perdue : Très souvent rien n’y fait puisque « ce qui est écrit est écrit ».
Indéniablement notre Société qui se présente sous la grande figure de « l’oral » à partir de « tout ce que l’on dit autour de nous » est en réalité une « Société écrite». Peu importe sa forme, le fond, l’orthographe etc… pourvu que ce soit écrit, y compris sur un SMS. Celui-ci ne fait que reproduire la phonétique, ou à peu près. C’est à cet endroit que l’écriture rejoint « le son, » donc « l’oral » : la guerre est finie. Nous sommes de nouveau sous les huttes de nos ancêtres, les gaulois… qui ne connaissaient que « l’oral ».
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13.05.2009
Alarmistes et manipulés
De longue date, les grands déballages judicaires exaltent, les foules et les médias.
De l’affaire « Calas » au « j’accuse » de Zola les témoins jalonnent l’histoire des pamphlétaires et des journaux. Mais c’est depuis l’affaire de Bruay en Artois et la révélation des méandres de l’instruction du juge Pascal, que les gazetiers s’en donnent à cœur joie. Ils retiennent en haleine un public de plus en plus demandeur de détails, d’élucubrations ou de prédictions journalistiques. Certaines affaires s’étiolent dans le temps et les plus friands des affionados en perdent le fil. Il en fut ainsi dans l’affaire Elf par exemple. Plus tard, Papon a redonné un grand coup de brillantine aux thèmes vengeurs, historiques et à rebondissements. Récemment l’affaire dite «d’Outreau » a également revitalisé la matière. A noter que, par principe, le sujet ne doit pas être trop technique. Par ailleurs il est impératif que parallèlement un suspens malsain participe à la fête. Les récents procès de Toulouse viennent d’apporter la preuve de ces exigences. Tandis que le procès AZF s’est enlisé dans des batailles d’experts qui n’intéressent plus grand monde, la mise en accusation de Jacques Viguier a rameuté la foule des grands jours. Du pain béni pour les chroniqueurs que de pouvoir gloser sur un professeur de droit accusé sans preuve du meurtre de son épouse, Tout cela sans préjudice du malheur des victimes d’AZF, de la pudeur et de la douleur d’un père de famille ou de la souffrance d’enfants qui prendront fait et cause pour celui qui en définitive, sera acquitté. Heureusement que pour répondre aux nécessités du spectacle de nouveaux procès se profilent en appel. Cela étant, le fait judiciaire a ses limites et ne peut intéresser au mieux que ceux que l’on peut, par des écritures partisanes, rendre intentionnellement méchants, avides de vengeance ou de sang selon les circonstances ou des prises de positions nébuleuses. Finalement, pour la grande presse, le thème reste local.
Or les « grands reporters » souhaitent toucher affectivement le plus grand nombre d’entre nous : Un gros lot est attribué aux champions « des nouvelles » qui déchaîneront le monde entier. Les sports, apportent de l’eau au moulin des compétiteurs Cela étant, mis à part quelques incidents majeurs, une fraude cycliste, un mort de temps en temps, un peu de cocaïne par ci par là, les sports ne passionnent que les passionnés. Finalement les disciplines du sport apparaissent bien insuffisantes aux broyeurs de dépêches.
En dehors de quelques opportunités, tels les attentats du 11 septembre 2001 ou le tsunami de décembre 2005, il est nécessaire de trouver, entre temps, les solutions les mieux adaptées au marché quotidien des « bulletins d’informations ». Le sang contaminé par exemple avait, à l’époque, fait l’affaire. Mais cela ne dure qu’un temps. Certes on avait eu de quoi faire pleurer dans les chaumières - plaindre les victimes, aujourd’hui en pleine désuétude - mais cela n’est rien en comparaison de l’émotion que peuvent faire naître des dossiers à résonance mondiale. La vache folle, la tremblante du mouton, la grippe aviaire, voilà de l’info et utile au bon peuple qui a besoin de savoir. Tant pis pour les milliers de petits éleveurs qui à l’occasion de cette grande flambée médiatique perdaient tout leur capital sur l’autel des gros tirages ou de l’audimat. Tous ces événements sont régulièrement entrecoupés de mini cataclysmes ou de constats désastreux. Très à la mode actuellement les patrons voyous (pourquoi parler des bons puisque seuls les pourris sont intéressants) La disparition prochaine des abeilles ou l’introduction des OGM sont des sujets directement liés à l’écologie qui, comme tout le monde le sait, est un thème porteur. Du solaire à l’éolienne en passant par le tri sélectif des déchets, tout ce qui est vert nourrit les oiseaux de mauvais augures qui ne manquent pas de nous rappeler que la Planète est en danger. Finalement, et c’est là l’essentiel, leurs contraintes et mises en garde sont proférées à grands coups de peurs mondiales.
Il semble que certains journalistes ne se contentent plus de leur statut et se croient obligés de se transformer en « alarmistes professionnels ». Et comme les pouvoirs publics de la plupart des pays ne veulent pas être en reste et craignent de ne pas être suffisamment prévoyants, bonne suite est donnée à un certain nombre de prophéties vaseuses : Une pandémie nous guette, c’est demain, vous verrez… Dés lors, des machines de guerre démesurées sont mises en place pour le plus grand profit de quelques grandes industries ou services qui se frottent les mains. Ceux là, agitent assidûment des pantins craintifs qui en rajoutent une couche tous les jours sans se préoccuper de la réalité. Combien de millions de masques et de vaccins anti-grippe fabriqués et vendus depuis quelques semaines grâce aux chevaliers de l’Apocalypse ? Quel Etat envisagerait aujourd’hui de laisser des passagers prendre l’avion sans passer par les filtres anti-terroristes, qui occupent de plus en plus de salariés spécialisés ? Quel Directeur de musée prendrait le risque de laisser des visiteurs entrer dans les lieux avec des parapluies, des objets pointus ou des bouteilles ? Finalement, à quelque chose près, malheur est bon.
Cela étant à force de crier « au loup » les pourfendeurs du catastrophisme imminent pourraient voir rapidement le piège se refermer sur eux-mêmes : le paysage médiatique est déjà en cours de mutation. Finalement, c’est – peut-être – une bonne chose.
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16.02.2009
Changer de lunettes
Il faut que je change mes yeux disent encore certaines grand-mères au moment de changer de lunettes pour voir, selon le besoin, de près ou de loin.
Nous venons de faire de même et finalement il y a lieu de remercier ces financiers de nous avoir ouvert les yeux. Depuis des années ils faisaient sous notre regard complice un commerce parait-il, virtuel. Ils vendaient et revendaient ce qu’ils avaient acquis la veille ou, même ce dont ils ne seraient acquéreurs que le lendemain. Tout cela sur du papier ou des lignes de code informatique. Ils n’avaient pas froid aux yeux et n’ont jamais hésité à nous en mettre plein la vue jusqu’au moment où ils se sont mis le doigt dans l’œil, à moins qu’ils n’aient eu les yeux plus gros que le ventre. Et nous pendant ce temps là, nous avions les yeux dans le dos, peut-être même les yeux bandés. Aujourd’hui, nous sommes dans l’œil du cyclone et il est à craindre qu’il ne nous reste plus, bientôt, que les yeux pour pleurer disent les pessimistes. A ceux là nous répondons par la négative, car nous avons en réserve cette vitalité qui forge notre existence depuis la nuit des temps.
Nos contraintes, nos obligations quotidiennes n’ont jamais vraiment intéressé certains banquiers qui préféraient la spéculation. Ils jetaient un regard compatissant sur ces milliers de petites entreprises qui faisaient tourner la machine. Ces petites entreprises qui, avec leurs obligations quotidiennes, leurs fins de mois difficiles, étaient selon eux, plutôt sources de soucis que de profits. Je m’en bats l’œil disaient, hier encore, ces financiers de la tourmente, qui ne nous ont jamais fait de l’œil. Toutes les multinationales de la finance ont laissé tourner de l’œil un grand nombre de ces petites « boites » qui ne les intéressaient pas. Et pourtant il y a fort à parier que ce sont les petites entreprises qui demain, de par le monde, vont relever le défi.
Cette fois, elles le feront sous les yeux neufs de ceux qui devront récompenser le mérite. Les banques de demain financeront une économie du solide et à ce titre soutiendront, n’en déplaise à certains, un monde capitaliste formé par des hommes et des femmes salariés ou entrepreneurs dont le travail quotidien sera pris en considération. L’avenir se doit d’être bâti sur du concret. C’est en cela que nous devons nous réjouir de voir sous nos yeux un monde artificiel se transformer en un monde réaliste. Car il y aura une « après crise » c'est-à-dire une ère neuve. C’est l’avenir qu’il faut envisager et arrêter de pleurer sur ces milliards en papier chiffon qui, sans aucun doute, auront couté les yeux de la tête à ceux qui ont joué et finalement laissé un œil dans une bataille où l’âme humaine était perdue de vue.
Ce sont ces entreprises à « taille humaine » qui feront naître une confiance nouvelle et ce d’autant que les gérants de ces sociétés, tout comme les travailleurs qui les composent, tiennent à leur outil de travail comme à la prunelle de leurs yeux. Ils savent qu’ils ne peuvent compter que sur eux et que le regard des autres est indispensable à la réussite de leurs ambitions. Ils ne se contentent pas d’hypothèses, de projets fumeux. Ils n’envisagent pas la vie en société autrement que par l’intelligence de leurs actions. Ils ne vivent pas sur la prévision de leurs avantages. C’est sur eux que repose une nouvelle société qui tiendra compte de cette mondialisation que découvre l’homme du XXI ème qui prend conscience à la fois de la concurrence et du nécessaire commerce qui doit exister entre tous les peuples de la Terre.
Au milieu de tout cela qu’en est-il du rôle des Etats ? C’est là, une grande inconnue. Il faut imaginer que les dirigeants seront tous, ou tout au moins pour la plupart arrivés à un âge de compréhension accompli pour agir en bon père de famille, à l’exemple de la France d’aujourd’hui ou rien n’échappe à la vigilance de nos gouvernants et plus particulièrement au premier d’entre eux qui, sans disposer d’une boule de cristal, fait tout pour prévoir un avenir plus serein en ne fermant les yeux sur rien. L’objectif à atteindre concerne les grands et les petits. Ils doivent se tenir à leur place, pour le bien de tous et ce sera très bien ainsi. Imaginer que nous revenons en arrière sur le rôle de l’Etat parce que celui-ci est plus participatif que prévu est incohérent. Le moins que l’on puisse dire c’est que dans l’intérêt collectif il doit disposer d’un droit de regard sur ce qui se fait. Les maux d’aujourd’hui sont ceux du présent et à ce titre sont traités comme tels et non comme ceux d’hier. Savoir si l’Etat se retirera plus tard des engagements qu’il prend actuellement, sous la pression des événements, relève de nouveau d’une spéculation intellectuelle.
Indéniablement – et c’est en cela aussi que nous allons vers une ère nouvelle – plus rien ne devrait se passer sans que l’Europe soit concernée en sa qualité de gardienne des bonnes mœurs économiques et financières. A tous ceux qui se demandent si c’est la bonne solution, il y a lieu de répondre : Avons-nous le choix ?
Reste que tout ne se passera pas sans accrocs. Peut-il en être autrement ? Toutes les grands-mères savent que pour repriser des déchirures il faut changer de lunettes si l’on veut voir de près. Changer de lunettes présente toujours des inconvénients.
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27.11.2008
Le tu, bas de gamme
Le « tutoiement » se développe intensément entre les individus de toutes sortes. Quelles sont les raisons qui déterminent cet usage ? Quelles sont les conséquences psychologiques et sociales de son emploi ? Comment organiser de saines relations avec le « vous » et le « tu » sans tomber dans le piège de l’excessivité ?
C’est à partir du modèle de vie anglo-saxon que nous calquons la plupart de nos habitudes alimentaires, sociales et culturelles en faisant fi de nos coutumes. Dans cet esprit la langue d’outre manche ne prévoyant pas de vouvoiement, il n’est pas question de faire désuet ou ringard et de se fourvoyer par l’emploi d’un « vous » d’un autre âge. Parallèlement, la plupart des utilisateurs « mode in States » refusent l’existence de subtiles nuances linguistiques qui en disent autant, si ce n’est plus, que notre « vous ». Par ailleurs, certains se croient obligés d’adhérer à l’énorme acquis social né à la révolution, mère de toutes les égalités. C’est cette époque qui a autorisé de dire « tu » à tous citoyens, quelle que soit son origine sociale, ses titres ou distinctions, Balivernes que tout cela. Mais comment l’expliquer à tous ceux qui croient encore que le « tu » est synonyme d’égalité ? Reste que parmi les causes de ce tutoiement à tous les étages de la société, il y a cette apparente simplicité semble procurer son usage à ses adeptes. C’est plus rapide, plus frais, plus jeune.
Mis à part ceux qui font coïncider « milieu social » et « vouvoiement » constatons que le développement intensif du « tutoiement » est lié à la génération de 68. Celle là même qui était sur les barricades et qui aujourd’hui emploie « le vouvoiement » comme pour se distinguer de ces jeunes blancs becs aux ambitions politiques insatiables ? Dés lors, « le vouvoiement » est-il une histoire de génération ou de vieux ? Notre exemple est là pour témoigner qu’il faut bien, selon la formule consacrée, que « jeunesse se passe » pour remarquer corrélativement que le temps aide au développement d’un certain respect envers ceux qui nous entourent. Celui-ci passe par l’usage du vouvoiement. Prendre un tel recul sur la situation éviterait à cette jeune stagiaire de se sentir « gauche » parce qu’elle vouvoie tous ses collègues de bureau en arrivant dans l’entreprise. Attitude qui ferait également obstacle à ce chef de service au jugement quelque peu expéditif envers cette jeune stagiaire , qui n’est pas « intégrée » puisqu’elle ne tutoie personne ! Ainsi, on ne peut que donner raison aux tenants du vouvoiement, comme principe d’éducation et de formation. Particulièrement sur le plan scolaire. Comment prévoir, comme l’a promis le candidat à la Présidence de la République , que les élèves se lèvent, lorsque le professeur entre dans la classe si la distinction n’est pas clairement établie entre le « tu » qui appartient au cercle d’intimité et le « vous » qui marque l’autorité et la considération mutuelle ? Il est indéniable que les nuances de notre langue permettent d’envoyer immédiatement le signe de l’attention respective et de l’estime que se doivent ceux qui évoluent dans un même univers. La déférence née du vouvoiement ne peut se confondre avec un signe d’inégalité entre les individus. Bien au contraire : Réserver l’emploi du « vouvoiement » à une caste, c’est reconnaître l’autorité de ce groupe d’individus sur les autres. Les tenants du « vous » dit avec condescendance le savent bien et vous le font sentir en insistant sur l’emploi du pronom. N’est-ce pas également le cas de ces enfants dans les familles recomposées ou le vouvoiement est volontairement employé à l’égard de la belle-mère ou du beau père ? Cela permet à l’enfant de « marquer ses repères » dit à ce sujet, le sociologue J. Le Goff.
Laissons le tutoiement à la promiscuité ou tout au moins à ceux qui se sont mutuellement autorisés à employer cette forme de communication. Est-ce toujours le cas du policier vis-à-vis du délinquant présumé ? Que penser également de l’attitude de certains médecins en milieu hospitalier qui tutoient leurs patients ? Que dire de ce tutoiement employé sans vergogne envers les étrangers ? La nocivité tient dans la systématisation du tutoiement. Il doit être « réservé » et « adapté » aux circonstances et ne pas être banalisé. Il faut en finir avec le tu, « bas de gamme » et le valoriser au contraire, en l’employant à bon escient, chaque fois que de besoin ou que les circonstances l’imposent dans une fréquentation. Avec Dieu, par exemple.
20:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tutoiement, vouvoiement, jeunes, repères, société, langage
25.11.2008
Le pied, c’est le pied
A la différence du bambin qui découvre progressivement que pour avancer il faut mettre un pied devant l’autre, nous adultes, nous ne prêtons plus attention à cette démarche qui est pourtant fondamentale. Certes, me direz-vous la tête est aussi importante et il vaut mieux, à première vue, perdre pied que perdre la tête. En réalité tout est lié. L’une ne peut aller nulle part sans que l’autre suive. Et pourtant on garde la tête sur les épaules sans toujours trop savoir où l’on met les pieds. A cet égard le pied prend toute son importance. On peut mettre les pieds un peu partout en ayant la tête ailleurs. Ainsi, nos pieds marquent la différence puisqu’ils laissent une empreinte, la trace de notre passage, y compris quand on la tête dans les étoiles. C’est un pied devant l’autre que l’on avance dans le long cheminement de la vie. Sauf pour ceux qui marchent en mettant les deux pieds dans le même sabot. C’est semble-t-il, ce qu’ont fait un grand nombre d’électeurs, lors des dernières élections municipales. Sans vouloir mettre les pieds dans le plat, ils ont laissé sécher sur pied des édiles qui durant leur mandat, avaient souvent fait des pieds et des mains pour valoriser leur ville. C’est dommage de les avoir ainsi remerciés par un simple « c’est bien fait pour leurs pieds » voire par un « ça leur fera les pieds ». Attitude d’autant plus regrettable qu’un certains nombre de sortants avaient encore bon pied, bon œil pour continuer leurs missions. Certes, un certain nombre de ces élus avaient les pieds au chaud. Mais était-ce une raison suffisante pour avoir organisé cette grande mise à pieds ?
Il faut dire que les candidats-maires des grandes villes, aujourd’hui élus, se sont engagés d’un même pas ou si vous préférez sont partis d’un même pied – le gauche –en battant la campagne pied à pied. Ils nous ont montré qu’avant d’être des hommes de tête, ils étaient avant tout des hommes de pieds. Elus, ces maires, tout comme leurs prédécesseurs, s’enfermeront dans leurs bureaux sans que l’on ne les voit plus jamais déambuler comme ils l’ont fait sur les marchés et autres lieux publics. Ils se sont tapés moult marches à pied avant de rouler en voiture – avec chauffeur – tout le reste de leur mandat. Remarquons que lors de leurs randonnées pédestres ils ont pratiqué le croche-pied, une grande spécialité des pieds nickelés. Certains n’ont pas hésité – en tous cas on a vu des candidats verts le faire – à couper l’herbe sous le pied de ceux qui, sans vergogne étaient prêts à lever le pied avec des partisans qui, au pied levé, se disaient de leur côté. Dans le même, esprit d’autres marchaient sur les pieds de ceux qui étaient perchés sur un pied, ou qui faisaient le pied de grue.
Est-ce à dire que les autres candidats, ceux qui n’ont pas pu retomber sur leurs pieds, étaient tous des candidats aux petits pieds ? Sûrement pas. Peut-on imaginer que ces candidats malheureux n’étaient pas sur un pied d’égalité avec leurs rivaux ? Les battus, on le sait maintenant, n’ont pas toujours su sur quel pied danser face à leurs électeurs. Parmi eux ils y avaient ceux qu’ils connaissaient bien comme les gens de pieds, les pieds noirs ou les pieds plats et les pieds bauds mais, ils ne se sont pas assez méfiés des pieds de biche. Pire encore, ils n’ont pas vu que d’autres candidats étaient habillés de pied en cap, en pied de poule.
Quoi qu’il en soit ceux d’hier sont descendus de leur piédestal pour toucher du pied le fond et laisser ainsi les nouveaux élus prendre leurs pieds. Car c’est bien de cela qu’il s’agit finalement. Mais, les réjouissances d’adoubement achevées les nouveaux élus seront bien obligés de se jeter aux pieds de ces électeurs versatiles qui ne manqueront pas de leur casser les pieds avec leurs demandes répétées. Ces quémandeurs de tous ordres qui estimeront avoir mis le pied à l’étrier de leurs élus formuleront des exigences de plus en plus contraignantes.. C’est à ce moment que « ceux d’avant » leur diront que c’est au pied de l’arbre que l’on juge la cognée et que malgré leurs efforts de rester pieds et poings liés à leur fauteuil, ils se verront, un jour ou l’autre, mettre un coup pied aux fesses. Ils le savent eux les battus d’hier, que pour un élu ce n’est pas toujours le pied.
15:09 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, élection, sarkozy, ps, pc, ump
21.11.2008
Un grand chapeau
La nouveauté de la saison à venir tient dans un chapeau. Celui-ci semble revenir en force, si l’on en juge par les récents défilés de mode qui lui donnent une place prépondérante.
Les modistes peuvent se réjouir tout comme les marchands de petits papiers. Il y a en effet une parfaite corrélation entre le renouveau du couvre-chef et le tirage au sort. Désormais la vérité, l’égalité, la paix entre les hommes sortiront d’un chapeau. Pourquoi ne pas imaginer que prochainement sur la place de nos bourgades un groupe d’individus s’arrêtera subitement tandis que l’un se décoiffant, offrira telle une aumônière, son chapeau pour recueillir les votes favorables à une décision juste ? Qu’il sera beau, ce temps de la démocratie représentative, en tout, pour tous et partout ! Cette idée généreuse repose, semble-t-il, sur une spécialité française où se mêlent délicieusement le fait de « tirer » et « la destinée ».
Notre vie quotidienne, dés l’enfance, tout comme notre vocabulaire et notre histoire nous rappelle qu’il y a lieu de poursuivre dans cette voie à la fois pour choisir, décider voire contraindre son prochain. Ainsi, qui n’a pas « tiré à la courte paille », bu à « tire-larigot » ou ignore ce fameux « Messieurs les Anglais tirez, les premiers » ? Ce ne sont là que quelques exemples car, sans que nous n’en ayons pleinement conscience, notre environnement est empli de ce « tire-quelque chose » qui consiste principalement à extraire ou à déplacer un objet ou un liquide d’un endroit précis. Le plus usité étant, après le tire-lait, le tire bouchon qui, en saison est concurrencé par le tire-fesses, sans préjudice pour le tire-botte, le tire jus, et surtout le tire-au-cul que le dictionnaire confond judicieusement avec le tire au flanc.
Le sort n’est pas plus mal loti, car ici aussi la référence est ancienne et culturelle. Un certain nombre d’entre nous vivent leurs décisions quotidiennes selon l’acception de Jules César. Alea jacta est, les dés sont jetés ! Hormis l’exception au terme de laquelle « on vous jette un mauvais sort », tout ce qui arrive à quelqu’un du fait du hasard donne ses lettres de noblesses voire son aspect royal au sort. C’est le cas lorsqu’il est associé au tirage de la fève à l’Epiphanie ! Chemin faisant, pour peu que chacun y mette du sien, on arrivera à tout gérer comme « le jeu de l’amour et du hasard » ! Cependant, pour « tirer l’affaire au clair » il faut simplement avoir en mémoire que le sort reste, une désignation, c'est-à-dire tout ce qui est opposé au choix ou à une élection. Institutionnellement ce n’est plus de la démocratie mais concerne tout ce qui relève de la chance.».
Il n’est pas question de revenir ici sur une proposition pré-électorale formulée pour plaire à ceux qui, mécontents de leur sort, imaginent que leur bonne étoile sera mieux servie par le hasard que par leur vote. Voyons plutôt ce que le tirage au sort pourrait proposer de véritablement nouveau dans notre société et plus particulièrement ce qui permettrait de valoriser l’ambition de ces hommes politiques qui, finalement, s’oublient dans la distribution de la destinée. Ainsi par exemples, les salaires - pardon les défraiements - les voyages, les voitures et tous autres petits avantages tirés des fonctions électives, et surtout pour la première d’entre elles, ne pourraient-ils pas, désormais, être tirés au sort ? Ne voyez rien de malicieux dans cette proposition. Elle est formulée dans l’esprit de ce grand jeu du « n’importe quoi » ou chacun semble de plus en plus « tirer la couverture à soi » en feignant de se préoccuper du sort des autres !
D’ailleurs le tirage au sort permettrait à y bien réfléchir de résoudre la plupart des problèmes pour la saine gestion de l’Etat. Y compris pour les retraites et les remboursements de soins. Et s’il était décidé de redistribuer de cette manière les profits de la Française des jeux à tous les demandeurs d’emploi, les jeunes ou les plus âgés, à tous les démunis ? Chacun d’entre nous aurait droit à une « chance en plus » ? Par la distribution gratuite d’un billet qui organiserait « une super-cagnote » pour tout et pour tous. Elle serait belle cette vie où chacun pourrait bénéficier d’une distribution guidée par la bonne fortune. Les citoyens se diviseraient alors en deux catégories. Ceux qui se contenteraient de leurs sorts et les autres qui n’auraient jamais la chance de gagner. Ces derniers diront « Coquin de sort ». En quelque sorte, rien n’aurait changé en ce monde nouveau !
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19.11.2008
Je le sais, puisqu'on me l'a dit...
Dans les années 70, à la fac de droit de Toulouse, « Marcel » venait régulièrement suivre les explications de quelques professeurs qui toléraient sa présence, à condition qu’il ne s’ébruite pas trop durant les cours.
Ce qu’il faut ajouter à cette anecdote est déterminant de la suite : cet homme était un vieux professeur de droit qui avait mal tourné, au point de sombrer progressivement dans la déchéance. Une histoire triste qui avait son beau revers, puisque c’est cette ancienne fonction qui justifiait sa présence dans les jardins de la fac. Le récit était vrai puisque certains apercevaient, parfois, Marcel en pleine discussion avec quelques étudiants ou des professeurs en toge. Inutile de vous dire que j’ai quitté la fac sans savoir si ce bruit de couloir était fondé sur une once de vérité. Il y avait ceux qui en étaient convaincus et d’autres, dont j’étais, qui en doutaient en se demandant si tout cela ne contenait pas un petit fond de véracité. De génération en génération, chacun se passait le mot. Le bruit courait sur les bancs, au point que certains étudiants connaissaient même la matière enseignée jadis par Marcel. Vrai ou faux ? C’est le principe même de la rumeur. Il peut s’agir d’un canular ou d’une vérité. Comment savoir ? Difficile à détecter au premier abord, d’autant que de nos jours les informations s’emmêlent au point que l’on peut croire ou douter de tout.
Ce qui est extraordinaire dans les potins et ragots – les peoples nous tiennent en haleine à ce sujet – relève à la fois de la manière dont on prend connaissance de l’événement, à la force de conviction de la personne qui transmet l’information, à l’approbation de ceux qui sont présents autour de la table ou dans une soirée. A ce moment là, il y a toujours quelqu’un qui est prêt à délivrer une information exclusive et secrète ou, en tous cas connue d’un petit nombre. Un club de quelques initiés, composé d’éminents savants vient de faire savoir, de manière certaine, que les Américains n’ont pas débarqué sur la lune mais réalisé un montage en papier mâché, mis en scène par les studios d’Hollywood, ou que c’est un missile qui a écrasé les tours jumelles le 11 Septembre 2001. Dans le même ordre d’idée : Les égouts sont infestés de crocodiles, l’ADN, scientifiquement ne sert à rien et, Pijami Maya, le grand équilibriste indien est atteint du SIDA. A noter que plus la nouvelle est éloignée géographiquement, ou dans le temps, plus vous rencontrez des gens qui vous narrent par le menu des événements invraisemblables par des raisonnements. Invérifiables. Votre interlocuteur est tellement affirmatif que votre incrédulité vous fait passer rapidement pour un ringard : les certitudes énoncées reposent sur des sources sûres. Pour se justifier votre interlocuteur en rajoutera une couche en vous disant que les propos entendus à la radio ou que les événements vus à la télé doivent s’interpréter comme ceci ou comme cela, qu’il a lu l’information dans tel journal ou, pire encore, que tout se trouve dans un ouvrage publié chez un grand éditeur. Fin du fin, l’info est déjà sur Internet. Dans ces conditions, comment ne pas y croire. ? D’ailleurs, vous reconnaissez dans votre for intérieur que tout cela est peut-être vrai, ou en tous cas que tout n’est pas complètement faux. Vous êtes d’accord avec votre interlocuteur sur un point clé : On nous cache trop de choses. On ne nous dit pas tout. Maintenant, vous avez la réponse à ce que vous attendiez, ou ce dont vous doutiez, depuis longtemps. Ca y est : vous êtes mur pour colporter la rumeur à votre tour en ignorant, bien sûr, que vous êtes l’instrument d’un groupe de pressions qui veut faire passer un message, obtenir un marché, faire basculer une tendance politique, nuire aux uns ou profiter aux autres. A une certaine époque, les rumeurs étaient qualifiées d’instruments de propagande… Les ingrédients d’une bonne rumeur doivent être choisis avec cette attention particulière qui en font un plat délicieux et dont tout le monde se régale pendant longtemps car les rumeurs ont la vie dure. Certaines mêmes meurent et reviennent, un jour, sur le devant la scène avec force et vigueur alors qu’on les croyait oubliées dans les tréfonds de l’histoire.
Ceci étant, la rumeur économique et politique, bien présente dans notre quotidien, semble contrainte d’employer des chemins de plus en plus sophistiqués : Les acteurs se voient obligés de mettre en œuvre des associations, la justice et bien d’autres moyens pour arriver à leurs fins. Parmi les outils utilisés on trouve ces sondages qui sont dits d’opinion. Ils attestent de rumeurs qui mériteraient, en réalité, l’analyse de spécialistes. Jetés en pâture au bon peuple, les sondages nuisent à la démocratie.
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26.09.2008
Sans transition
Il a un nom mais n’a pas de forme. Il est indispensable aux touts petits de cette génération. Certes, la précédente en avait également. Mais son importance semblait moindre. Les grands d’aujourd’hui ont joué avec un nounours, les grands de demain, auront tous eu, dés leur plus jeune âge, un morceau de quelque chose, qui ne ressemble à rien et qui peut-être infâme même, pourvu qu’il soit dénommé « doudou ». Il est signe de sécurisation, parait-il, pour les uns comme pour les autres. Pour les parents comme pour les enfants. La paix et le silence n’ont pas de prix.
Le doudou, par principe, c’est mou. Il faut dire que ça commence à intéresser le bambin dés que celui-ci est « travaillé par les dents ». Ce qui fait qu’ainsi le doudou n’est pas seulement mou, il est, en plus, mouillé à force d’être mâchonné. Plus exactement, il finit par être collant. Appétissant. Si vous voyez ce que je veux dire en vous montrant un mouchoir ou un foulard aux contours et couleurs couramment gluants. Certains de ces bouts de chiffons, rembourrés de mousse ou non, se veulent ressembler à des souris ou des écureuils, des animaux très stylisés en tous cas, avec des grandes queues ou de grandes oreilles, bonnes à sucer. Avez-vous déjà connu l’angoisse de la disparition temporaire d’un doudou ?
La scène se joue en deux temps. Elle débute toujours dans la pièce de vie que les parents viennent de quitter pour mettre leur progéniture à la sieste, à moins que ce ne soit lorsque la voiture est prête au départ. Tout est calme, puis démarre la chasse. Le père arrive en premier. Penaud, puisqu’il revient sur ses pas. Il survient dans l’indifférence générale. En réalité il est en prospection. Il cherche. Mal. Ce qui est habituel puisqu’il est équipé, comme tous les hommes d’un zoom qui ne lui permet pas de voir autre chose que ce qu’il a devant les yeux. Il trouve le sel dans la cuisine, à condition qu’il soit toujours à la même place. C’est physiologique chez lui, depuis le temps des cavernes. Bref, pour le Doudou, il fait des efforts. Il se baisse. Il pose son regard sur une chaise, une commode. Très souvent à des endroits où, de par sa taille, l’enfant n’a pu laisser choir l’objet de ses rêves. Cette recherche, teintée d’inquiétude, se fait en silence. Il ne veut pas nécessairement informer l’entourage de ses tâtonnements. Finalement, il s’avoue vaincu et demande à la cantonade : « Vous n’auriez pas vu le doudou ? » Personne ne peut vraiment le renseigner car il faut savoir qu’à ce moment là, le père est peut-être en train de chercher un gant de toilette ! Lorsqu’il s’agit de retrouver une sucette ou une poupée cela est plus aisé. La difficulté tient au fait que le doudou est souvent différent d’une famille à l’autre. Il peut s’agir ainsi d’un objet banal, comme une peluche ou un morceau de molleton. Tout est possible. Cette quête paternelle est subitement interrompue par la mère qui déboule comme un boulet de canon. Elle ne pose pas de question. Elle ouvre son grand angle et fait le tour de la pièce en un clin d’œil. Elle atteint immédiatement la cible sous le grand bahut. Merveille et miracle de la femme qui trouvait déjà ses enfants dans la pénombre de la grotte. Et qui, de nos jours est capable, adulte de trouver son doudou à elle, son sac à main ? Car il faut bien le dire, la scène est également celle rencontrée pour les autres doudous. Ceux des grands, qu’ils gardent tels des gris-gris dont ils ne peuvent se passer. Il en est un, omniprésent, qui concerne à la fois les hommes et les femmes. Ils l’emmènent partout. Il est à leur coté à la mer comme à la montagne, au cinéma comme au tennis. Il est omniprésent.
Je ne sais pas s’il répond à un besoin psychologique – c’est parait-il une des raisons d’être des doudous - mais il est déterminant et significatif de notre quotidien. Il nous accompagne partout et on est malheureux de ne pas savoir où il se trouve à chaque instant. Il se doit de nous suivre comme un toutou et ,comme tel, de se laisser caresser et triturer. Il est vrai qu’il est plus facile à retrouver, puisqu’Il suffit de le faire sonner pour qu’il réponde à l’appel.
A noter que le nouveau téléphone portable pour écolier est en train de faire fureur. Les moins de douze ans, puisque c’est à cette classe d’âge que sont destinés ces nouveaux joujoux, seront les successeurs naturels des doudous. Les grands gourous de la communication interplanétaire prévoient l’explosion de ce marché en culottes courtes. Cela semble bien la meilleure façon de faire passer les bambins, sans transition, du bavoir au baveux.
10:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : doudou, jouet, jeu, gamin, gosse, bave
17.09.2008
La tyrannie des maigres
C’est un constat, notre société fait moralement souffrir « ceux qui font un certain poids ». L’assaut est donné par ces magazines remplis de madones aux fessiers et aux seins de fée chargées de faire rêver les plus libidineux et de rendre jaloux tous les damnés de la taille.
Une manière d’affirmer aux corpulents qu’ils n’ont plus qu’à refuser de bien se tenir à table s’ils veulent approcher ce monde affriolant du galbe léger. Heureusement pour eux, replet ne rime pas avec frustré. Leur bout de gras est bien défendu en la matière. Plus provocante, l’agression vient de la société qui leur « fait les gros yeux ». Car après les fumeurs ce sont ceux qui ont un bon coup de fourchette qu’il faut dégraisser du paysage.
Bien entendu tout un chacun dira qu’il convient d’être raisonnable et qu’il ne faut pas dépasser les bornes, en ce domaine comme en d’autres. Puisque le doute s’instaure de plus en plus quant à la raison, certains protecteurs de nos vies, prévoient la mise en place de mesures qui n’en sont encore qu’aux balbutiements. Dans cet esprit, les mentions obligatoires vont se multiplier sur les emballages alimentaires, à l’image de ce qui fut fait pour le tabac. On rappellera régulièrement le bouloteur à l’ordre. Des instructions telles que manger trop gras, trop sucré, trop salé, etc.. seront consignées comme préjudiciables à la santé. Il en sera de même si vous décidez de grignoter ! Il y a fort à craindre que cela ne changera pas grand-chose, sauf à complexer encore plus fort, les forts. Sans compter qu’il conviendra de prévoir à court terme un accompagnement psychologique à la fois pour les grignoteurs qui voudraient arrêter et pour l’entourage qui ne pourra plus supporter la nervosité des gros en manque de gras. A y bien réfléchir cette règlementation outrancière n’est-elle pas plus nuisible que les bienfaits qu’elle souhaite véhiculer ? Certainement, car c’est la société toute entière qui sera bientôt abêtie. Les individus n’auront bientôt plus les moyens de discerner quoi que ce soit et devront se fier aux conseils, obligations et instructions qui leur seront imposés par d’autres, apparemment plus malins et détenteurs de la bonne conduite à suivre. Sûrement dans l’intérêt des organismes sociaux qui, au cours des temps, deviendront les suprêmes dominateurs d’une société en mal de vivre. Une protection sociale qui se doit de nous faire tous mourir en bonne santé pour que perdure une sécurité sociale malade !
Il est urgent de rester éveiller en vue de défendre un tant soi peu, nos libertés individuelles, tous les jours un peu plus boulotées, par tous ceux qui nous veulent du bien. L’interdiction de fumer dans les lieux publics est logique, sauf qu’elle aurait dû naître naturellement du comportement de chaque fumeur. De même, le téléphone portable utilisé sans aucune considération de voisinage, justifie l’actuelle volonté de quelques députés qui souhaitent en réduire l’usage dans ces mêmes lieux publics ainsi qu’aux piétons. C’est simplement obéir à la logique. Si l’individu est plus attaché à sa conversation téléphonique qu’à la présence de ses semblables, il faut l’empêcher de renverser d’autres piétons qui eux, ne téléphonent pas, à ce moment là…Par ailleurs, l’interdiction du téléphone portable dans les écoles et collèges durant les cours est incontestablement fondée sur le respect dû à l’enseignant. Faudra-t-il prévoir un texte visant à inciter les parents à ne communiquer avec leur progéniture qu’à l’issue de chaque cours ? Les recommandations alimentaires relèvent de la même veine. Quelle tristesse que de voir de plus en plus souvent un panneau d’interdiction de manger – ou de sucer une glace - apposé sur les vitrines des magasins. Cela découle du bon sens, non ? En son lieu et place, on a souvent le sentiment, alors même que tout s’organise autour du virtuel, que seul l’écrit impose un bon ordonnancement. N’est-ce pas un peu l’esprit de cette démocratie participative qui doit prévoir les droits de tous et chacun, qui par définition ne peuvent qu’être contradictoires ?
Je me demande d’ailleurs si j’ai le droit, d’évoquer tout de go, les gros, sans risquer d’être taxer de discrimination voire de me faire rentrer dans le lard. Je dis cela sans le penser vraiment car de longue date les gros sont connus pour leur bonne nature. Ne dit - on pas d’ailleurs « un bon gros » ? C’est le signe même de la sympathie qu’ils savent dégager autour d’eux. On peut leur faire confiance, ils ne se laisseront rien imposer par la tyrannie des maigres.
11:52 Publié dans médias, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gros, maigres, obèses, regards, discriminations

