24.07.2009
Cet hiver sortez couvert
Cette fameuse grippe dite « A », contrairement aux apparences, ne doit pas être confondue avec la précédente, dite Aviaire. La grippe d’aujourd’hui fut d’abord porcine, avant que les représentants des cochons ne menacent d’installer des bonbonnes de gaz, (c’est très tendance) pour se faire respecter des beurs d’ici et d’ailleurs. Sus au jambon-beurre hurlaient-ils d’un même groin ! Dans le temps (parce que cela fait quelques mois qu’on nous bassine avec le sujet), le virus prit une appellation plus technique, une consonance médicalement et politiquement plus correcte : HIN1. Le vocable est certes plus abscond, mais tellement plus alarmant, inquiétant, angoissant. On peut même dire que la terminologie lui a donné un petit côté offensif, menaçant, dangereux. Ces qualificatifs justifient à eux seuls que les plus grandes mesures de préventions soient mises en œuvres. C’est à qui vendra le plus grand nombre de masques, de vaccins, mettra en place les mesures de prévention les plus efficaces, etc… C’est la plus grande foire exposition (et d’empoigne) jamais organisée par les laboratoires du monde entier, et testée pour la première fois en mode réel. Je ne dirai pas qu’il n’y a pas lieu de prévoir et de s’organiser en cas de pandémie, mais j’ai quand même envie de crier, surtout pour nos régions : Pas de panique, la grippe viendra, on l’aura, on la vaincra. Il y aura, sans aucun doute, des morts et des rescapés. Le tout, comme d’habitude, sera de se trouver du bon côté du manche !
Parallèlement, je suis stupéfait que les nombreux spécialistes aux yeux verts, champions des protections naturelles n’aient pas encore rapproché ce sujet d’actualité de celui qui enveloppera également la rentrée. Je suis surpris que l’on ne profite pas de l’occasion pour convenir qu’en la matière, l’un éradiquera l’autre. Je m’étonne que personne n’ait encore envisagé de mettre en place le moyen le plus écologique de se protéger de l’agression individuelle et de l’épidémie toute entière. La seule façon d’en arriver là serait de contraindre au port obligatoire et généralisé de la burka. Pour ne pas être infecté, une seule solution à la rentrée : la burka-pote, avec son petit réservoir de tolérance, la grille de vison. (Quelques mauvais esprits désignent cette meurtrière, le burka-na fasso) Sans compter que la burka n’est qu’un simple voile qui ne fait en rien obstacle à la suite des événements. Elle favorise même le face à face. Cependant diront les puristes, elle ne permet pas d’avoir une vue précise sur le prochain fesse à fesse qui suivra la nécessaire décontamination du vêtement intégral, juste avant de s’agripper l’un à l’autre, dans une folle épidémie d’amour !
Bien entendu on peut d’ores et déjà envisager une ruée des grands couturiers désireux de griffer leur burka. Imaginer un peu la plus mince, celle de Lagerfeld, (La buka light) celle d’Hermés dont l’hygiaphone qui sert de parloir sera tissé en lanières de cuir. La palme reviendra à n’en pas douter, à celle qui sera plus difficile à porter que la bannière, mais ô combien avenante et chamarrée que cette burka-Lacroix. On peut également envisager de porter la burka sans rien dessous, mais ce sera déjà une déclinaison du modèle classique. On dira dans ce cas que l’on met une burka à poil. Tout ceci sans omettre les recherches vestimentaires des plus hardies : Certains spécimens tel que la burka-appat, pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent rencontrer une âme sœur, et la burka du voyageur recouvertes d’auto-collants des villes traversées, ouvriront la voie aux publicitaires qui lanceront la burka itinérante ou la burka parade assurant ainsi la promo des grandes marques de vaccins contre la grippe. Rien ne se perd, tout est bon pour le business.
On pourra voir apparaître également, sous l’influence des égalitaristes, l’exigence d’une similitude entre les burkas, une burka uniforme en quelque sorte. Mais très vite, certains souhaiteront différencier les burkas mâles qui seront bleues de celles des femelles, vouées au rose. J’allais oublier les homos qui chercheront à se distinguer par le jaune. A noter que le jaune devra éviter de trop tirer sur le vert pour éviter la burka - ka d’oie. Et puis bien sûr, la police et les pompiers n’accepteront pas d’avoir la burka de monsieur tout le monde et voudront une utilitaire, une capote en quelque sorte, la burka-caoutchouc. On ne sait jamais ça peut toujours servir.
Je ne sais pas si je serai personnellement touché par l’épidémie (j’en vois quelques-uns au loin, qui me la souhaitent bien bonne) mais arrêtons de vivre dans la peur. Tout va mal (ou va mal aller à brève échéance) et pour nous remonter le moral, on utilise maintenant le comptage des morts grippés dans le monde. Pourquoi ne pas prévenir sans alarmer continuellement le bon peuple ? C’est vrai ; il est possible qu’il y ait une sévère épidémie de grippe qui impose des mesures préventives et de bon sens : « lavez-vous régulièrement les mains, mettez un masque pour éviter la contamination » etc…(la liste est publiée régulièrement pour les moins biens lotis). Je vous donne gracieusement un conseil supplémentaire et tout à fait nouveau : Cet hiver sortez couvert ! Mettez, à ce moment là, un cache-nez, ou une burka selon les us et coutumes vestimentaires du pays dans lequel vous résidez…
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13.05.2009
Alarmistes et manipulés
De longue date, les grands déballages judicaires exaltent, les foules et les médias.
De l’affaire « Calas » au « j’accuse » de Zola les témoins jalonnent l’histoire des pamphlétaires et des journaux. Mais c’est depuis l’affaire de Bruay en Artois et la révélation des méandres de l’instruction du juge Pascal, que les gazetiers s’en donnent à cœur joie. Ils retiennent en haleine un public de plus en plus demandeur de détails, d’élucubrations ou de prédictions journalistiques. Certaines affaires s’étiolent dans le temps et les plus friands des affionados en perdent le fil. Il en fut ainsi dans l’affaire Elf par exemple. Plus tard, Papon a redonné un grand coup de brillantine aux thèmes vengeurs, historiques et à rebondissements. Récemment l’affaire dite «d’Outreau » a également revitalisé la matière. A noter que, par principe, le sujet ne doit pas être trop technique. Par ailleurs il est impératif que parallèlement un suspens malsain participe à la fête. Les récents procès de Toulouse viennent d’apporter la preuve de ces exigences. Tandis que le procès AZF s’est enlisé dans des batailles d’experts qui n’intéressent plus grand monde, la mise en accusation de Jacques Viguier a rameuté la foule des grands jours. Du pain béni pour les chroniqueurs que de pouvoir gloser sur un professeur de droit accusé sans preuve du meurtre de son épouse, Tout cela sans préjudice du malheur des victimes d’AZF, de la pudeur et de la douleur d’un père de famille ou de la souffrance d’enfants qui prendront fait et cause pour celui qui en définitive, sera acquitté. Heureusement que pour répondre aux nécessités du spectacle de nouveaux procès se profilent en appel. Cela étant, le fait judiciaire a ses limites et ne peut intéresser au mieux que ceux que l’on peut, par des écritures partisanes, rendre intentionnellement méchants, avides de vengeance ou de sang selon les circonstances ou des prises de positions nébuleuses. Finalement, pour la grande presse, le thème reste local.
Or les « grands reporters » souhaitent toucher affectivement le plus grand nombre d’entre nous : Un gros lot est attribué aux champions « des nouvelles » qui déchaîneront le monde entier. Les sports, apportent de l’eau au moulin des compétiteurs Cela étant, mis à part quelques incidents majeurs, une fraude cycliste, un mort de temps en temps, un peu de cocaïne par ci par là, les sports ne passionnent que les passionnés. Finalement les disciplines du sport apparaissent bien insuffisantes aux broyeurs de dépêches.
En dehors de quelques opportunités, tels les attentats du 11 septembre 2001 ou le tsunami de décembre 2005, il est nécessaire de trouver, entre temps, les solutions les mieux adaptées au marché quotidien des « bulletins d’informations ». Le sang contaminé par exemple avait, à l’époque, fait l’affaire. Mais cela ne dure qu’un temps. Certes on avait eu de quoi faire pleurer dans les chaumières - plaindre les victimes, aujourd’hui en pleine désuétude - mais cela n’est rien en comparaison de l’émotion que peuvent faire naître des dossiers à résonance mondiale. La vache folle, la tremblante du mouton, la grippe aviaire, voilà de l’info et utile au bon peuple qui a besoin de savoir. Tant pis pour les milliers de petits éleveurs qui à l’occasion de cette grande flambée médiatique perdaient tout leur capital sur l’autel des gros tirages ou de l’audimat. Tous ces événements sont régulièrement entrecoupés de mini cataclysmes ou de constats désastreux. Très à la mode actuellement les patrons voyous (pourquoi parler des bons puisque seuls les pourris sont intéressants) La disparition prochaine des abeilles ou l’introduction des OGM sont des sujets directement liés à l’écologie qui, comme tout le monde le sait, est un thème porteur. Du solaire à l’éolienne en passant par le tri sélectif des déchets, tout ce qui est vert nourrit les oiseaux de mauvais augures qui ne manquent pas de nous rappeler que la Planète est en danger. Finalement, et c’est là l’essentiel, leurs contraintes et mises en garde sont proférées à grands coups de peurs mondiales.
Il semble que certains journalistes ne se contentent plus de leur statut et se croient obligés de se transformer en « alarmistes professionnels ». Et comme les pouvoirs publics de la plupart des pays ne veulent pas être en reste et craignent de ne pas être suffisamment prévoyants, bonne suite est donnée à un certain nombre de prophéties vaseuses : Une pandémie nous guette, c’est demain, vous verrez… Dés lors, des machines de guerre démesurées sont mises en place pour le plus grand profit de quelques grandes industries ou services qui se frottent les mains. Ceux là, agitent assidûment des pantins craintifs qui en rajoutent une couche tous les jours sans se préoccuper de la réalité. Combien de millions de masques et de vaccins anti-grippe fabriqués et vendus depuis quelques semaines grâce aux chevaliers de l’Apocalypse ? Quel Etat envisagerait aujourd’hui de laisser des passagers prendre l’avion sans passer par les filtres anti-terroristes, qui occupent de plus en plus de salariés spécialisés ? Quel Directeur de musée prendrait le risque de laisser des visiteurs entrer dans les lieux avec des parapluies, des objets pointus ou des bouteilles ? Finalement, à quelque chose près, malheur est bon.
Cela étant à force de crier « au loup » les pourfendeurs du catastrophisme imminent pourraient voir rapidement le piège se refermer sur eux-mêmes : le paysage médiatique est déjà en cours de mutation. Finalement, c’est – peut-être – une bonne chose.
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