06.04.2009

Ca commence par la tête

Le sujet pourrait sembler arriver comme un cheveu sur la soupe.

En réalité il est directement lié à ce mal qui répand la terreur : la crise est dans la rue. Un marqueur social en témoigne quotidiennement. Il concerne le haut qui semble actuellement, au plus bas, tant à Paris qu’en régions. La moto et son casque, les autres deux roues, et la vie au grand air en sont la cause. Quelles que soient les raisons, la coiffure de nos contemporains laisse à désirer. N’allez pas croire pour autant que je veux absolument couper les cheveux en quatre ou que pour me justifier j’irais tirer une histoire par les cheveux.

N’en déplaise aux égalitaristes outranciers, il faudra pour faire le point sur les têtes, distinguer selon l’âge, l’origine ethnique, le sexe. Les africains ou les afro-américains ont une implantation de chevelure et une façon de se coiffer qui est propre à leurs pays et sur laquelle nous ne prendrons pas position, sauf à constater que la jeune génération de nos contrées cherche régulièrement et, sans que le résultat soit concluant, à les imiter. A la gente féminine européenne on devrait pouvoir attribuer une prime de coquetterie, d’autant que, les jeunes filles en sont gardiennes. , par nature. Elles sont sensées savoir harmoniser leur coiffure et leur habillement. Au final, cela donne une superposition de tricots de différentes couleurs qui se termine souvent par un invraisemblable imbroglio de vrilles qui leur sert de chevelure. A ce niveau, Il y a du pétard dans l’air. Une incroyable bataille se déroule entre les courts et les longs qui veulent avoir le dessus tandis que les moins bien lotis finissent dans le cou.

Les femmes plus âgées font des efforts particuliers mais dés que le chignon est mal formé, pour des raisons de commodité ou de rapidité, le spectacle ne mérite pas un détour. Surtout, si pour se faire remarquer ou répondre à une envie, une blonde par exemple vient enserrer ce qui voudrait être un chignon par un chouchou ou un élastique sur le dessus de la tête. En fonction de l’âge cela ressemble, pour les jeunes, à un petit balai et plus tard - à partir de la quarantaine - cela fait penser à un ananas mal formé. Il est aussi les brunes, qui se voudraient amazones, aux cheveux longs ou mi-longs, qui vous servent le tout, en vrac, les cheveux épais et mal coupés pour lesquels, au moindre zéphyr, la crinière s’embrouille par devant le visage et laisse le reste de la chevelure dans le flou tandis qu’à l’arrière se remarquent des pointes qui rebiquent en fourche.

Et puis bien sûr, il y a tout ce qui concerne la couleur, le clou, le sujet clé, la préoccupation de toutes celles qui veulent être différentes de ce qu’elles sont. Celles qui, pour effacer les affres du temps préfèrent le platine au blanc, seront citées pour mémoire. C’est uniforme, sobre et chic parait-il. A l’opposé, et cela varie encore avec l’âge, certaines sont tombées dans la palette du coloriste. La mèche blondasse ou bleue côtoie la rouge et la mauve sur fond noir. Il y a aussi la chevelure baguette de tambour, la « gravure de mode » et les cheveux en brosse pour se donner un air mâle. Dans certains cas, c’est vrai on est très mal même en regardant de loin. Mais pourquoi donc ne pas faire plus simple ?

Pour les mâles il y a à la fois la touffe en désordre, le soixantehuitard attardé et son catogan justifié par une queue de cheval qui ne peut cacher une calvitie galopante sur le haut du crâne. Et puis, bien sûr l’inexplicable boule à zéro, résultat des championnats mondiaux de la tondeuse. Est-ce par jalousie de la romantique beauté des chauves que le crane dégarni emporte à ce point la préférence ? Parce que ça coûte moins cher ou pour mieux se chercher des poux ? Il y a aussi l’iroqua dont la tignasse en pointe, bien collée est assortie d’un très joli cloutage nasal et d’un pendentif à l’oreille. Parmi les accessoires du coiffage masculin, impossible d’oublier la casquette qui, dés vingt ans, est vissée à vie sur la tête du type qui dort et se sustente sans la quitter. Certains prétendent qu’il copule avec, d’où, pour des raisons pratiques, la visière en arrière. Signe de d’appartenance sociale, la dernière publicité d’une grande encyclopédie présente Georges Washington tout emperruqué, sur laquelle est symboliquement apposée la casquette du nouveau président des Etats Unis. Complètement loufoque. Ce couvre Chef utilitaire, présent la nuit dans les restaurants et les églises, permet de simplifier la coiffure. Ce qui est illusoire puisque dépasse sur la nuque une série de boucles qui appellent un shampoing. A noter que le jeunisme aidant la casquette prolifère désormais à tous âges pour la plus grande joie des fabricants chinois.

En d’autres temps on aurait pu dire : les gens ne « s’arrangent plus » ou il y a du « laisser aller » dans l’air. C’est un état d’esprit qui concerne notre moral, c'est-à-dire celui qui chaque jour fait que nous nous sommes « bien dans notre tête » même et surtout… en temps de crise. Faut-il rappeler que tout commence par le respect de soi-même et des autres ? Tout commence « dans la tête et « par la tête qu’on se fait » et… qu’on présente aux autres.

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