23.02.2009

A cheval sur l'étiquette

L’étiquette est déterminante de la chaîne alimentaire, vestimentaire ou autre.

C’est à partir de l’étiquetage que se détermine l’achat d’un bien plutôt que d’un autre. Les fabricants savent depuis longtemps que la forme, la couleur, l’aspect général du produit, sont tributaires de ce petit bout de papier, de carton ou de la gravure sur l’emballage. Les spécialistes du marketing déploient des trésors d’imagination pour nous informer ou tromper notre vigilance. Il faudrait lire, avec attention, les lignes écrites en fins caractères qui disent toute la vérité. On apprendrait des choses fabuleuses en prenant connaissance des indications portées sur un paquet de biscuits. On peut, par exemple, y découvrir que des madeleines sont fabriquées sans œuf… C’est très fort, de présenter un biscuit sans œuf ! On ne sait pas vraiment par quel produit chimique les œufs sont remplacés. En prenant la boite sur l’étalage on ne fait attention à rien ou presque, sauf…. au prix. Prix qui est lui-même l’objet d’une étiquette qu’il faut savoir lire !

Sans étiquette le produit est sans intérêt pour le consommateur, incapable de discerner l’usage d’une boite de conserve ou d’apprécier, par avance, le contenu d’une bouteille de vin. Il y a tant dire sur l’étiquetage des bouteilles de vin... Un tonneau d’écritures n’y suffirait pas. Il y a maintenant une contre-étiquette – placée au dos de la bouteille – qui, parait-il, nous permet de mieux comprendre ce que l’on veut nous faire boire. Et pourtant, sans étiquette, le produit est nu. Cela est tellement vrai que la tendance veut que tout soit étiqueté pour être identifié, y compris les individus. Cela nous donne la joie de voir à la sortie d’une réunion professionnelle des congressistes qui, ayant oublié d’ôter leurs badges ressemblent aux bestiaux d’un concours agricole, eux-mêmes tributaires d’un collier passé autour du cou… Il arrive même que des hommes politiques soient « sans étiquette », donc sans indentification bien claire sur leurs opinions. Tout un programme !

Les spécialistes de la conception de l’étiquetage ont également le don de nous agacer quelque peu. Pas seulement par leur créativité ou leurs images incitatives à l’achat mais aussi et surtout par la manière d’utiliser l’étiquette comme un moyen lutte contre le coulage. Le processus est toujours le même : Tous les consommateurs paient pour quelques malveillants. Dans cet esprit, qui n’a pas pesté contre ces étiquettes impossibles à décoller, apposés sur un verre ? Sans compter qu’il y a aussi les étiquettes placées en plusieurs morceaux qui ne veulent jamais se laisser complètement gratter pour disparaître. Les moins pugnaces d’entre nous finissent par mettre sur la table une bouteille qui comporte encore les restes du puzzle de prix et des souillures de colle. L’objectif de ces colles est de faire obstacles aux petits malins qui auraient décollé un prix inférieur pour le coller sur un produit de qualité supérieure. Il y a aussi cette étiquette magnétique que le vendeur d’un grand magasin omet de démagnétiser et qui vous donne le plaisir d’être pris en défaut par le vigile à la sortie. Le rouge vous monte aux joues et vous êtes contraint de justifier votre achat, ticket à l’appui, au milieu de badauds qui vous prennent déjà pour un voleur. L’achat d’un vêtement génère aussi de grands moments de confrontation avec les étiquettes. Il y a en partout. Celle de la taille dans le cou, celle des modes de lavage sur le coté intérieur, la marque, agrafée sur une manche et pour faire bon poids, le prix qui se trouve enfoui dans une liste de chiffres et références qui pendouillent au bout d’un petit bout de carton accroché à un bouton de veste ou de pantalon. A noter que les références à usage interne permettent au vendeur averti de tout savoir y compris le prix d’achat du vêtement, ce qui lui permet de calculer éventuellement la remise qu’il peut vous accorder immédiatement…. Ou non ! Ajoutons à tout cela l’étiquette rouge et blanche « solde »…

L’étiquette est par ailleurs indispensable au voyageur qui, par principe pourra identifier ses bagages au milieu des autres ou en cas de perte. Cela étant, l’étiquette de bagage qui précise bien sûr votre identité et votre adresse donne de précieuses indications à certains aigrefins qui vous repèrent dans la file d’attente d’un aéroport lorsque vous êtes en partance pour les Canaries. Ils savent ainsi qu’ils disposent d’une bonne semaine pour visiter votre appartement. La prudence exige que les coordonnées soient simplement protégées de la vue des indiscrets, sauf à inscrire l’adresse de votre fille ou du commissariat le plus proche de vote domicile.

L’étiquette est devenue aussi un moyen de traçabilité du produit et du consommateur d’où les fameux codes-barre qui depuis quelques années évoluent vers ce qu’il est d’usage de dénommer des « étiquettes intelligentes » qui, à partir d’une technologie de radio-identification se comportent comme de véritables « espions » de nos habitudes de vie ;

Au milieu de toutes ces étiquettes j’allais oublier la plus importante, celle qui guide nos pas au quotidien et qui font que chacun d’entre nous est respectueux du cérémonial, de l’ordre des préséances et de manière générale tout ce qui peut choquer ceux qui ne sont pas respectueux du protocole. Comme on peut le remarquer de plus en plus souvent nous vivons dans un mode qui est très attentif en ce domaine. Chacun d’entre nous est de plus en plus « A cheval sur l’étiquette »

16.02.2009

Changer de lunettes

Il faut que je change mes yeux disent encore certaines grand-mères au moment de changer de lunettes pour voir, selon le besoin, de près ou de loin.

Nous venons de faire de même et finalement il y a lieu de remercier ces financiers de nous avoir ouvert les yeux. Depuis des années ils faisaient sous notre regard complice un commerce parait-il, virtuel. Ils vendaient et revendaient ce qu’ils avaient acquis la veille ou, même ce dont ils ne seraient acquéreurs que le lendemain. Tout cela sur du papier ou des lignes de code informatique. Ils n’avaient pas froid aux yeux et n’ont jamais hésité à nous en mettre plein la vue jusqu’au moment où ils se sont mis le doigt dans l’œil, à moins qu’ils n’aient eu les yeux plus gros que le ventre. Et nous pendant ce temps là, nous avions les yeux dans le dos, peut-être même les yeux bandés. Aujourd’hui, nous sommes dans l’œil du cyclone et il est à craindre qu’il ne nous reste plus, bientôt, que les yeux pour pleurer disent les pessimistes. A ceux là nous répondons par la négative, car nous avons en réserve cette vitalité qui forge notre existence depuis la nuit des temps.

Nos contraintes, nos obligations quotidiennes n’ont jamais vraiment intéressé certains banquiers qui préféraient la spéculation. Ils jetaient un regard compatissant sur ces milliers de petites entreprises qui faisaient tourner la machine. Ces petites entreprises qui, avec leurs obligations quotidiennes, leurs fins de mois difficiles, étaient selon eux, plutôt sources de soucis que de profits. Je m’en bats l’œil disaient, hier encore, ces financiers de la tourmente, qui ne nous ont jamais fait de l’œil. Toutes les multinationales de la finance ont laissé tourner de l’œil un grand nombre de ces petites « boites » qui ne les intéressaient pas. Et pourtant il y a fort à parier que ce sont les petites entreprises qui demain, de par le monde, vont relever le défi.

Cette fois, elles le feront sous les yeux neufs de ceux qui devront récompenser le mérite. Les banques de demain financeront une économie du solide et à ce titre soutiendront, n’en déplaise à certains, un monde capitaliste formé par des hommes et des femmes salariés ou entrepreneurs dont le travail quotidien sera pris en considération. L’avenir se doit d’être bâti sur du concret. C’est en cela que nous devons nous réjouir de voir sous nos yeux un monde artificiel se transformer en un monde réaliste. Car il y aura une « après crise » c'est-à-dire une ère neuve. C’est l’avenir qu’il faut envisager et arrêter de pleurer sur ces milliards en papier chiffon qui, sans aucun doute, auront couté les yeux de la tête à ceux qui ont joué et finalement laissé un œil dans une bataille où l’âme humaine était perdue de vue.

Ce sont ces entreprises à « taille humaine » qui feront naître une confiance nouvelle et ce d’autant que les gérants de ces sociétés, tout comme les travailleurs qui les composent, tiennent à leur outil de travail comme à la prunelle de leurs yeux. Ils savent qu’ils ne peuvent compter que sur eux et que le regard des autres est indispensable à la réussite de leurs ambitions. Ils ne se contentent pas d’hypothèses, de projets fumeux. Ils n’envisagent pas la vie en société autrement que par l’intelligence de leurs actions. Ils ne vivent pas sur la prévision de leurs avantages. C’est sur eux que repose une nouvelle société qui tiendra compte de cette mondialisation que découvre l’homme du XXI ème qui prend conscience à la fois de la concurrence et du nécessaire commerce qui doit exister entre tous les peuples de la Terre.

Au milieu de tout cela qu’en est-il du rôle des Etats ? C’est là, une grande inconnue. Il faut imaginer que les dirigeants seront tous, ou tout au moins pour la plupart arrivés à un âge de compréhension accompli pour agir en bon père de famille, à l’exemple de la France d’aujourd’hui ou rien n’échappe à la vigilance de nos gouvernants et plus particulièrement au premier d’entre eux qui, sans disposer d’une boule de cristal, fait tout pour prévoir un avenir plus serein en ne fermant les yeux sur rien. L’objectif à atteindre concerne les grands et les petits. Ils doivent se tenir à leur place, pour le bien de tous et ce sera très bien ainsi. Imaginer que nous revenons en arrière sur le rôle de l’Etat parce que celui-ci est plus participatif que prévu est incohérent. Le moins que l’on puisse dire c’est que dans l’intérêt collectif il doit disposer d’un droit de regard sur ce qui se fait. Les maux d’aujourd’hui sont ceux du présent et à ce titre sont traités comme tels et non comme ceux d’hier. Savoir si l’Etat se retirera plus tard des engagements qu’il prend actuellement, sous la pression des événements, relève de nouveau d’une spéculation intellectuelle.

Indéniablement – et c’est en cela aussi que nous allons vers une ère nouvelle – plus rien ne devrait se passer sans que l’Europe soit concernée en sa qualité de gardienne des bonnes mœurs économiques et financières. A tous ceux qui se demandent si c’est la bonne solution, il y a lieu de répondre : Avons-nous le choix ?

Reste que tout ne se passera pas sans accrocs. Peut-il en être autrement ? Toutes les grands-mères savent que pour repriser des déchirures il faut changer de lunettes si l’on veut voir de près. Changer de lunettes présente toujours des inconvénients.

09.02.2009

arrête de les toucher !

Ma mère, qui a toujours souhaité me donner une bonne éducation me disait, il y a bien longtemps, « arrête de les toucher ».

Comme tous les enfants qui veulent montrer « qu’ils en ont » je faisais tinter de la menue monnaie dans ma poche. D’ailleurs, ne s’agissait-il pas de ce que l’on appelait « l’argent de poche » ? Il était également ainsi dénommé dans la liste des préconisations et du trousseau qu’il fallait préparer pour partir « en colonie » qui n’était pas encore des « vacances de plein air ». Cela étant ces bons principes qui m’étaient inculqués faisaient l’objet d’exhortations qui se résumaient par des mises en garde : « tu ne sais pas qui a touché ces pièces. Elles sont sales ». Bref, pour ma mère l’argent était « plein de microbes ». Du bon sens qui échappait à l’esprit de l’enfance. Au point que mon amour propre en prenait un coup que d’être contraint de considérer l’argent, sale. J’étais sans le savoir, en train de recevoir une éducation basée sur des principes scientifiques puisque je viens de découvrir, dans un journal anglais, à grands renforts de précisions, que la grippe, peut se transmettre par les billets de banque ! Voilà une nouvelle qui va changer le cours des choses en général et de l’argent en particulier. Les biftons qui ont déjà mauvaise réputation, non contents de nous pourrir la vie quand on n’en a pas, vont maintenant s’attaquer à notre santé quand on les aura en main ou planqués dans les lessiveuses et les piles de draps.

Ma voisine, pingre et nerveuse, a pris connaissance de cette extraordinaire révélation. Elle, qui ne « les attache pas avec des saucisses » m’a clairement transmis ses inquiétudes : Des billets porteurs de virus et autres petites bêtes dans le genre « tu ne me vois pas mais je peux te faire mal », moi, je n’en veux plus, me dit-elle. Elle a même envisagé, sans pouvoir s’y résoudre, de « jeter son argent par les fenêtres », et j’ai été obligé de mettre un terme à ses errements en lui disant qu’il ne fallait pas tout prendre « pour argent comptant » et que ses billets « à elle » n’étaient peut être pas contaminés par la grippe. Surtout la grippe a-t-elle surenchéri ; sous entendu que toutes les autres maladies, la tuberculose ou la colique pouvaient bien exister mais que cela pouvait toucher les autres, alors que la grippe la concernait directement. Je l’ai définitivement rassurée en lui disant que peu de gens pouvait confondre un fafiot et un mouchoir en papier et que nos coupures étaient bien trop petites et par trop rigides pour qu’elles remplissent cette mission pratique ou d’autres de même nature. Quand j’ai pu constater qu’elle avait retrouvé son calme, j’ai pu même lui dire que le mieux serait pour elle de rassembler son liquide – bizarre d’appeler l’argent liquide, non ? – et d’aller le remette dans son flacon d’origine : Un billet de banque est fait pour retourner à la banque. Là, j’ai ressenti à nouveau son angoisse. Placer son argent à la banque lui avait toujours paru incongru mais, en ce moment, alors qu’elle lisait quotidiennement dans les journaux que les banques étaient en faillite, c’était trop lui demander. Justement lui ai-je dit, comme « l’argent n’a pas de maître » c’est maintenant plutôt que jamais qu’il fallait accomplir cette démarche. Et pourquoi me dit-elle ? Mais pour éviter la grippe lui dis-je tout de go. Son visage s’est éclairé et elle a acquiescé à ma suggestion. Pour elle, c’était bien la solution que de rassembler en un seul et même lieu tous les foyers de grippe. Tant pis si les banquiers se voyaient tous grippés ; cela faisait partie du risque du métier. J’ai renoncé à lui expliquer le fonds de ma pensée :

Si tous les banquiers sont frappés par la grippe, ils finiront par la filer à ceux qui ne sont pas banquiers, et donc à chacun d’entre nous. Au final, c’est tout le système économique – et c’est déjà le cas aujourd’hui – qui sera grippé. Ce n’est pas une solution que de laisser la pandémie se développer en un lieu donné. C’est au moment où les gens sont malades qu’il faut s’occuper d’eux et leur apporter soins et attentions. Certes, le Gouvernement met tout en œuvre pour enrayer le mal et isoler les malades des uns des autres, puisque les plus atteints sont mis en quarantaine. Mais il est à craindre que ce ne soit pas suffisant si chacun d’entre nous ne décide pas, une fois pour toute, d’accorder sa confiance à une corporation qui, malgré tous ses défauts, a le mérite de répondre aux besoins de l’économie toute entière.

Ne voyez pas ici une statue dressée au veau d’or mais plutôt l’intention de répondre aux détracteurs ignorants du fonctionnement précis des mécanismes financiers qui nous inquiètent régulièrement à coup de milliards disparus. Ils tombent à bras raccourcis sur ces banquiers qu’il suffit de vilipender pour cristalliser tous les ressentiments. Ils appuient sur les aigreurs ressenties de longue date à l’égard de cet argent décrié et irremplaçable pour échanger, commercer, développer un pays. Incontestablement, chacun souhaite obtenir les bienfaits cet argent. Le vieux dicton de sagesse dit vrai : Il ne fait pas le bonheur mais… il y contribue.

05.02.2009

Les fesses froides

Tous les ans on nous rabat les oreilles avec l’attribution d’une grande cause nationale ou internationale.

Cette fois le prétexte se situerait sous la ceinture des enfants. L’emploi du subjonctif est justifié puisque le quart de page consacré au sujet par « Le Figaro » du 24/25 janvier indique que « 2009, pourrait être l’année de l’abolition de la fessée ». Sous entendu, rien n’est fait, mais ça chauffe. Façon de parler car, en fait, il semble que les mains sur les fesses ne sont pas prêtes à vivre leurs derniers assauts brulants. En effet, le même article précise que « le défi semble trop ambitieux pour 2009 ». Ces doutes se fondent sur des données chiffrées : 23 pays sur 192 ont légiféré et interdit les fessées, gifles et autres tapes. Rien n’est signalé sur les tapettes qui incontestablement sont, avant toute autre chose, une petite tape. C’était le thème d’une comptine qui a bercé notre enfance : « Le premier de nous deux qui rira, aura une tapette »…

En Europe 18 pays sur 47 ont souscrit à la suppression de cette infamie et la France n’est pas signataire. Ouf, on l’a échappé belle, mais pour combien de temps ? Rien ne dit qu’à brève échéance il ne conviendra pas de suivre ceux qui actuellement développent leurs idées du haut vers le bas en faisant l’amalgame entre la brutalité et la fessée. Dans cet esprit, le Conseil de l’Europe veut faire approuver prochainement « une politique commune de stratégies intégrées contre la violence ».( Dixit, Elda Moreno, Directrice du programme « Construire une Europe pour et avec les enfants »). Contre la violence d’accord, mais il ne faut la confondre avec la pan-pan cul-cul ! Ce serait mettre dans le même panier la fessée et les actes de brutalité que subissent certains enfants dans le monde. Grotesque. C’est ce même esprit qui anime le site « Ni claques, Ni fessées » où l’on ne manque pas mettre à la casse les préceptes de ceux qui nous ont précédé. La Bible, Napoléon et de nombreux pays ont droit à une volée de bois vert sur une méthode éducative vexatoire. Il faut dire que je ne suis pas très objectif : j’ai toujours eu une certaine aversion pour tout ce qui est « Ni,Ni ». Cela me rappelle ces merveilleuses années 68 et suivantes qui, comme tout le monde le sait maintenant, ont été riches d’enseignements et de niaiseries de toutes sortes.

Si l’on est de notre devoir de développer les vertus de l’enfance, il est également nécessaire d’accorder crédit au comportement « adulte » des parents. La Société ne cesse de les culpabiliser. Or, dans la plupart des cas, les parents « font au mieux » pour remplir leur mission. Ils sont en droit de se voir considérer comme des « éducateurs attentifs ». Et cela bien qu’il n’y ait pas d’écoles pour devenir « parents ». L’on n’est « parents » qu’une fois ; et ce temps là passe vite. Dés lors, laisser l’enfant « être acteur de leur vie » n’est pas le meilleur service que l’on puisse rendre à la génération à venir. Sérieusement est-ce qu’une fessée se doit d’être réglementée et interdite par un législateur ? « Les adultes » sont aujourd’hui suffisamment « frustrés » pour qu’on n’en rajoute pas une couche en administrant à leur esprit délité une fessée en prime.

Il faut en finir avec les intentions malveillantes à l’égard de l’éducation reçue et des principes inculqués par les précédentes générations. Est-ce que faire table rase du passé apporte la réponse aux problèmes et aux angoisses de la jeunesse ? Atermoyer ou ne pas adopter une ligne de conduite claire ; accepter de ne pas être respecté ; ne plus se comporter en maître aimé et vouloir absolument être considéré comme « un copain » plutôt que comme que comme « adulte responsable », sont les solutions préférées de ceux qui imaginent une vie de famille sans fessée bien que bouleversée par d’autres contraintes sociales. Le divorce, la séparation et la « famille reconstituée » provoquent des chocs et des traumatismes bien plus graves qu’une fessée. Rien de tout cela rien n’est évoqué par les donneurs de leçons parentales qui envisagent de remplacer le bon sens par une espèce de guimauve à la sauce « psycho » qui mâchée et régurgitée serait instaurée, à tort, pour le bien de tous. En quelque sorte, pour résoudre les difficultés de l’enfance il semble préférable d’infantiliser les parents.

Sans compter que « la fessée peut être morale ». Un mot, une phrase blessante laissent des traces pour la vie. De cela il n’est pas question non plus.

Sans faire ici « l’éloge de la fessée, je demande simplement la liberté parentale pour éviter que l’on demande encore au législateur d’intervenir dans les relations privés, sauf en cas de maltraitance qui exige une intervention urgente.

La conséquence d’une réglementation de la « la fessée » ne peut entraîner qu’elle nouvelle déresponsabilisation de parents qui pourront s’appuyer sur une moralité lissée, identique pour tous. C’est là d’une chimère égalitaire, éloignée de la diversité des êtres qui peut éventuellement déboucher sur la multiplication des maisons de correction, complice de l’ordre social et recours de l’Etat. Dés lors, je préfère que nos enfants aient demain la tête haute à défaut d’avoir eu, hier, les fesses froides.

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