27.06.2008

Traces d'avenir

Choyées, connues et admirées, elles nous donnent le sentiment d’être seules à constituer le patrimoine national. Elles, ce sont les cathédrales aux flèches éblouissantes, les abbayes et les abbatiales aux chevets ventrus. Toutes sont signalées par des panneaux indicateurs, des guides touristiques, des brochures enluminées qui permettent de les visiter et de les aimer toujours et encore plus. Elles valorisent les grandes métropoles par leur majestueuse présence et sont considérées, à juste titre, comme les joyaux de notre pays. Incontestablement elles ont un rôle spirituel, historique et culturel.. Parallèlement, leurs retables ouvragés, les trésors de leurs  sacristies et leurs reliques saintes mettent l’accent sur l’aspect de leur religiosité ; un bienfait qui permet de rappeler leur première destination en qualité de lieux cultuels.

Nous, les petits clochers, les sans grade du domaine étatique, que nous reste-t-il ? Nous, les obscures églises de campagne, nous qui sommes plantées sur la place du village, nous qui sommes si souvent fermées pour nous protéger de visiteurs indélicats, devons-nous continuer à nous taire ? Nous constituons la France profonde, celle des régions. Nous avons nos particularismes et d’ici ou là, aucune ne se ressemble vraiment d’une province à l’autre. Nous aussi, nous avons nos lettres de noblesse. Nous n’avons rien à envier du style roman, gothique ou baroque. Et le fait d’être sorties de terre au XIXième  siècle, pour certaines d’entre nous,  n’autorise personne à nous traiter comme quantité négligeable. Nous ne sommes pas jalouses mais nous voulons simplement que l’on reconnaisse, maintenant plus que jamais, notre place. Envieuses de nos sœurs de marbre ? Comment le pourrions-nous alors que nous sommes reléguées, oubliées, souvent isolées  dans ces villages qui ne seraient rien sans nous ?  Le cachet, la réputation, de ces villes de quelques centaines ou milliers d’âmes suffisent à notre gloire. Nous sommes attachées au cœur de ces bourgades comme à celui de leurs habitants. Nous ne comptons plus les naissances, les mariages, les enterrements, que nos cloches ont salués. Depuis quelques temps, nous sommes inquiètes, de gros nuages s’amoncellent sur nos flèches et les coqs rouillés de nos girouettes ne donnent plus la direction du vent.

Simples bâtiments publics, « non classés » nous sommes, parait-il, dépensières : Depuis 1905 nous appartenons à l’Etat et par voie de conséquence ce sont les collectivités locales qui sont chargées de notre entretien, donc des réparations qu’exigent les vieilles pierres de nos tours et  clochetons. Or, il apparaît qu’après en avoir accepté la charge, les dépenses imposées par nos remises en état pèsent lourd dans les budgets. Une récente étude prévoit que 2800 d’entre nous – sur 15000 environ – nécessitent la restauration d’un clocher, des renforts et des soutiens qui assureraient encore longtemps notre existence. Pour se défausser, différents subterfuges sont mis en place. Bien sûr la décision de « déconstruction »  n’est pas prise de manière abrupte. La démolition pure et dure n’est pas envisagée de manière systématique. On a des égards envers nous. La méthode du pourrissement semble préférable pour se débarrasser de nos encombrantes et couteuses présences : Ne rien faire pendant des années et laisser nos vieux matériaux s’abimer dans le temps de telle sorte que nous devenions menaçantes. C’est simple, facile et cela emporte l’agrément de toute une communauté qui préfère nous voir mis à bas plutôt que d’accepter le danger que présentent nos ossements décharnés et envahis par les herbes folles. Un processus insidieux qui est déjà en marche. Sans que vous en preniez réellement conscience quelques unes d’entre nous sont régulièrement offertes aux dents assassines des tracto-pelles qui viennent mordre nos façades au prétexte que nous ne valons plus que « la casse ». Plus souvent qu’à notre tour nous nous éloignons ainsi, silencieusement,  pour disparaître un jour complètement de cette image où l’une d’entre nous célébrait la force tranquille, toile de fond de l’affiche d’un feu candidat à la Présidence de la République. Plutôt que de sortir du paysage d’autres choix heureux  nous sont proposés pour finir nos jours : Abriter dans nos murs des supermarchés ou des boîtes de nuit… Reste aussi la possibilité de servir plusieurs cultes. Dans ces conditions, pourquoi nos plaintes ?

Quelques  ouailles, avec l’approbation des membres du clergé local sont prêts à laisser la situation en l’état à et à convenir qu’il vaut mieux se préoccuper des « pierres vivantes ».  Pourquoi s’apitoyer sur ces vieilleries disent-ils ?  Ceux qui tiennent ce discours ont tort de prôner cette politique au moment ou notre Etat qui se veut laïc est confronté au déploiement d’autres religions. Celles-ci disposent de fidèles qui n’hésitent pas à mettre la main à la poche  ou à se faire aider par différents pays de leur monde. Tout est bon pour construire à la gloire de Dieu. Ils n’hésitent pas. Vous qui devriez prendre notre défense vous tergiversez, préférant vous mettre la tête dans le sable. Vous pensez aussi que nous serons toujours assez nombreuses pour vous représenter avec force. Vous êtes dans l’erreur : Si vous n’y prenez garde, l’effondrement de nos pierres coïncidera avec la disparition de votre univers religieux, culturel voire  politique. Nos pierres ne sont pas uniquement les traces du passé. Elles constituent un rempart pour l’avenir.

 

21.06.2008

Un vieux Pège

Que le danger soit imaginaire ou réel, le résultat est le même : Elle nous enveloppe, nous étreint, nous tétanise. Elle est présente dés notre plus jeune âge et prend des dénominations différentes selon l’événement concerné.

La peur, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est une réaction humaine ou animale légitime, face à une menace. Certes, elle peut servir d’alarme, mais reconnaissons que très souvent elle entraîne l’affolement voire dans certains cas la panique. Elle est la compagne de l’inquiétude et de l’angoisse. Lorsqu’une peur nous colle à la peau, nos réponses habituelles – ou logiques – sont guidées par une espèce de force intérieure qui se met en marche et que rien n’arrête puisqu’elle est irraisonnée. Plus exactement elle va chercher ses raisons, ses sources, ses motivations dans la partie invisible de l’iceberg que nous promenons tous sans y penser. C’est là, enfouies au plus profond de nous même, dans cet inconscient qui guide nos vieux réflexes amibiens que se retrouvent nos peurs, anxiétés et phobies. La peur du noir, dès notre plus tendre enfance et toutes les autres craintes rencontrées au long de notre vie, sans omettre celle qui concerne notre dernier soupir, sont blotties les unes contre les autres et restent en éveil pour immédiatement prendre le dessus à la moindre alerte Nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas. Nous avons peur de ce qui est nouveau. Nous avons peur des conséquences qui suivront tel ou tel événement. Elle donne naissance à cette appréhension devant l’épreuve et peut aller au-delà de notre volonté. Elle demande d’être à tout moment surmontée pour permettre la réalisation de ces actions qui imposent notre hardiesse. C’est peut-être ce qui a fait dire à Victor Hugo : « Il fallait qu’il eût bien peur pour avoir tant de courage. ».

Très souvent – et heureusement – nous sommes envahis par une peur bleue qui nous rend vert et qui se résume par cette phrase populaire et significative « Plus de peur que de mal » Cela est tellement vrai qu’il il nous arrive de dire, l’événement passé « « mais pourquoi, diable ai-je agi ainsi ? » Rare sont ceux qui avoueront que c’est la peur qui a troublé le propos, l’action ou la décision. Parce qu’il faut bien admettre que, reconnaître avoir eu la trouille, les jetons ou les chocottes semble en parfaite discordance avec la notion de l’humain accompli, de l’adulte responsable, de l’individu socialement établi dans un système équilibré, stable et paisible. Certes, la peur permet d’éviter bien des attitudes agressives ou regrettables en société mais elle est intervient aussi en « mauvaise conseillère ». A cet égard, elle est un ingrédient fondamental de la « non communication » entre les Hommes. Elle est alors un obstacle à la réalisation d’un projet, d’une ambition, d’une modification ou d’un changement. Elle peut être à l’origine de ravages dans l’entreprise, en politique, et de toute façon dans les rapports entre les hommes. C’est parce que la peur est ancestrale et se perd dans la nuit des temps, qu’elle peut se transformer en un moteur social. C’est au mépris de la peur que les Hommes ont finalement vaincu, avec intelligence et raison, les lions et les ours. Au cours des temps, les hommes se sont dit que la peur n’empêchait pas le danger et qu’il fallait être le plus fort. Qu’en est-il aujourd’hui ? Un certain nombre d’individus de par le monde ont décidé – et ils semblent qu’ils aient réussis dans de multiples circonstances – de se servir de cet outil pour guider nos pas, en nous faisant peur. Les exemples sont légions et habitent nos média quotidiennement : La peur de manquer pour doper la consommation. N’avez-vous pas remarqué que, dans de nombreux domaines, la pénurie est à notre porte ? Vous l’avez entendu il n’y a pas longtemps, il faut absolument stocker du sucre… puisque dans d’autres pays cela se fait déjà ! Les matières premières sont au plus haut cours…On n’aura bientôt plus de blé. La catastrophe est pour demain. La crainte de l’apocalypse justifie la protection écologique, au point que l’on entend quelquefois dans les églises, en guise d’intention de prière : « Pardon pour la pollution des hommes ! » Et pourquoi pas, tant qu’on y est, pardon de vivre ? La peur ne pas être politiquement correct, c'est-à-dire la peur de penser et d’agir autrement que les autres qui eux sont conformes aux modèles entendus à la radio et vus à la télé… Et la peur d’être homophobe ? Cela va m’amener à consulter un psychothérapeute, puisqu’il peut m’arriver de plus savoir m’exprimer à ce sujet. Sans compter la peur d’être malade ou de ne pas être à la mode…

Une vraie machine de guerre est en place. Elle est au service de ceux qui dirigent les peurs avec l’ambition de nous prendre par la main pour nous amener dans le chemin de leur vérité et de leur profit. A chacun d’entre nous de réagir et d’éviter de répondre aux craintes déjà redoutées par Cro-Magnon : Ne pas tomber dans le piège dressé par des congénères. A ce moment là, ils se battaient, comme aujourd’hui, pour survivre. Les plus malins installaient des pièges pour faire peur aux uns et se débarrasser des autres…

19.06.2008

La déchirure

Pour faire court et céder à la mode qui  réduit les mots à une seule syllabe, la récente affaire relative à une défloraison, découverte  postérieurement au mariage, est une affaire de cul. Plus précisément, une histoire de culture, nœud de cette intrigue  qui touche à la virginité.

Prenant appui sur le Code Civil, c’est à bon droit que la décision a été prise, sans préjudice de critiques à l’égard du magistrat ou du ministre de la justice qui - Dieu soit loué – sont des femmes.  Le jugement ne concerne la virginité que de manière implicite.  En quelque sorte, il s’agit d’un vice caché qui est venu entacher, non pas les draps, mais le contrat sur lequel repose l’accord des parties. Il ressort qu’Il y a eu tromperie sur la chose, un mensonge sur l’état du matériel. Or cette erreur « dans la personne ou dans ses qualités essentielles »  colle à la peau de certains  pratiquants de la religion musulmane. Comment imaginer que les défenseurs de ces coutumes ne se soient pas, un jour ou l’autre, engouffrés dans la faille offerte par les textes qui prévoient l’annulation du mariage ? Ce serait faire fi de leur volonté d’introduire leurs règles dans notre société. Ils s’efforcent de le faire insidieusement, par doses homéopathiques, avec prises régulières : Des horaires de piscine adaptés aux hommes et aux femmes, le choix du sexe du médecin dans les hôpitaux, la non mixité des écoles etc..  Tout ceci touche autant les mœurs et les habitudes européennes que le voile posé sur le mont de Vénus. Mais devant cette annulation scandaleuse, cette ignominie, cette exigence d’un autre âge, tout le monde occidental en met une couche pour justifier la coucherie. Chaque groupe se sert de l’autre pour justifier sa position. Les laïcs, les groupes politiques de gauche, comme de droite,  prennent un coup de sang. Les hommes qui ne veulent surtout pas se voir privés du plaisir de toucher aux jeunes vierges, aident les femmes à se défendre au nom de la libert é qu’elles ont obtenue, à coups de reins, de faire ce qu’elles voulaient de leurs corps. Tout cela, bien entendu, en invoquant  les droits de l’Homme et la Constitution. En réalité quelles seront, dans le temps, les conséquences de ce dossier, entièrement monté par ceux qui souhaitent défendre leur bout de gras ?  

Cette femme qui vient de voir son mariage annulé, avec son consentement, restera sans aucun doute dans la mémoire collective musulmane, car elle servira d’exemple. Certains esprits bien pensants de nos contrées évoquent l’humiliation qui sera la sienne en omettant de signaler son honnêteté et son courage. Elle aurait pu se faire recoudre et ne rien dire. Elle aurait pu invoquer un accident pour éviter les foudres d’un mari frustré par sa déception. Elle aurait pu adopter une attitude de chatte battue et se réfugier dans le silence de l’Amour. Si elle avait aimé celui qui devait être son mari, elle aurait tout accepté, car « l’amour est plus fort que tout » (Saint Paul).  Il est patent qu’elle a préféré l’annulation à la contrainte du mariage forcé. A ce titre, elle sera vénérée en tant que femme qui a gagné son combat de femme contre une religion, qui impose une loi qu’elle ne voulait pas subir.  On ne peut que se réjouir de l’issue de cette lutte puisqu’elle aura permis l’avancée et la défense de ses congénères devant ce qui est imposé. Telle la petite chèvre de Monsieur Seguin, elle s’est battue toute la nuit, jusqu’au dernier moment et n’a pas cédé aux exhortations multiples. Elle avait déjà vu le loup. Elle savait ce qu’il fallait dire pour éloigner la bête.

Cependant, derrière cette victoire à la Pyrrhus , les tenants des règles islamistes viennent de se faire un coup de pub de taille, avec la complicité de tous ceux qui ont levé les bras au ciel en les montrant du doigt : Mis en échec,  ils jouent sur du velours à l’égard de toutes celles qui auraient eu des velléités à se fondre dans le moule du monde environnant. Ils font sonner les trompettes de l’impossibilité du mariage à venir, la désapprobation familiale, la  honte pour celle qui arriverait au mariage après avoir consommé le fruit défendu. Qu’ainsi toutes ces femmes le sachent, elles n’auront droit au pardon de personne et surtout pas de leurs époux à venir. C’est bien connu là aussi, quand un homme aime une femme, avec l’intention de se marier il ne pardonne rien. Et surtout pas le fait que sa femme ne soit « plus » celle  qu’il croyait…  Bien que la virginité soit un bien sacré pour la femme qui, sans conteste, se différentie ainsi, avec  noblesse,  de l’homme, l’union de deux êtres qui se marient ne repose pas que sur « un morceau de chair ».

De plus, les défenseurs de la thèse font bruisser cette information déterminante sur la fierté que se doit d’avoir toute musulmane qui arrive vierge au mariage. Celle-ci sera d’autant plus fière qu’elle aura résisté à toutes les tentations de notre société. Envers et contre tout elle arrivera entière devant son mari et sera fière d’appartenir au corps des vierges qui savent respecter les mœurs, la religion et le mari promis par le père, le frère etc..  Elles constitueront  une caste disciplinée bénéficiant d’une aura, d’un label de qualité garantie. De plus, elles auront droit à des maris ayant acquis de l’expérience grâce aux  femmes qui,  pratiquant d’autres religions, peuvent arriver impures au mariage. N’est- ce pas là, après la tolérance accordée pour le port du voile une nouvelle manière d’accentuer la déchirure dans notre société ?

 

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