19.11.2009

Je t’écris pour te dire….

De « l’écrit » ou de « l’oral », c’est ce dernier moyen qui, a priori, est prédominant dans les rapports humains.
Et ce, comme dans les huttes de nos ancêtres les gaulois. La radio et la télévision, le téléphone et le cinéma sont là pour attester de la suprématie de « l’oral ». C’est tellement vrai que, par principe, ce qui est « vrai » tient au fait que cela a été « dit et entendu, ». A partir de ce constat, quelle est la place de l’écrit dans notre société ? Que reste-t-il de l’adage selon lequel « les paroles s’envolent et les écrits restent »?

Il fut un temps où l’écrit était présent lors de certains actes importants de la vie civile. Il allouait à l’événement un caractère solennel. L’écriture venait confirmer une situation de fait ou conforter ce qui était déjà oralement connu. Ce fut l’époque où la tradition orale se servait d’un support écrit pour que les hommes puissent garder en mémoire la portée des actes accomplis à un moment donné. A l’issue de cette première période l’écriture fut réservée, élitiste, signe de reconnaissance sociale. La société était constituée par un petit nombre d’individus qui savaient « lire et écrire ». (Les deux vont souvent de pair). Tous les autres - les plus nombreux - se contentaient de la parole en « topant là ». L’affaire était conclue sur les marchés et ailleurs au « cul de la vache ». Cette ère là fut celle de la « parole tenue ». Donner sa parole valait engagement.

Le développement des journaux et du livre permirent à l’écriture, dés le XVIII ème siècle, de se glisser subrepticement dans toutes les couches de la population au point de faire apparaître comme incultes ceux qui, dans nos sociétés seront couramment qualifiés d’analphabètes dés le la fin du XIX ème siècle. Par voie de conséquence l’écriture a favorisé une certaine discrimination : La gêne est constante pour celui qui ne sait ni lire, ni écrire. Envisager seulement un déplacement dans les rues, le métro est, pour le moins difficile à imaginer pour celui n’est pas confronté à cet embarras. C’est le cas – hélas - pour un certain nombre d’étrangers qui abordent notre pays, « paperassier » par excellence. La plupart d’entre nous ne peuvent prendre conscience de telles difficultés qu’en se déplaçant au Japon, en Arabie ou en tous cas dans un pays où notre alphabet n’a pas cours. Ceux qui ont fait cette expérience connaissent « l’angoisse de la carte ou du menu non traduit » dans le restaurant de ces contrées. Une fois sur deux le convive se retrouve avec tout autre chose que ce à quoi il s’attendait… C’est drôle mais il ne faut pas que cela arrive trop souvent.

Cela étant si l’écriture est présente partout au point de laisser sur le bord du chemin ceux qui ne la pratiquent pas, « l’oral » continue sa vie et estime ne pas avoir perdu la bataille. « L’oral »multiplie les entreprises de charme pour nous laisser croire qu’il est le plus fort des médias et que l’on peut continuer à s’appuyer sur lui pour être mieux informé ou mieux compris. Il ne lâche pas prise. Ainsi par exemple sur Internet qui par principe et par nature est le domaine-roi de l’écriture, les vidéos font une apparition notable. « L’oral » vient ajouter son grain de sel. Comment se contenter du texte pour comprendre ? C’est grâce à l’explication orale que tout deviendra clair disent les tenants de la langue : « C’est Moi l’oral, qui vous guide et qui, avec ma compagne l’image, vous apporte l’indispensable explication de ce texte, terne, sans relief… Je suis la voix qui vous montre la voie à suivre… J’apporte la bonne parole ».

L’écriture n est pas insensible aux arguments tenus par « l’oral » et poursuit inexorablement sa conquête. L’écriture sait qu’elle est en train de gagner le combat, puisque plus rien n’est possible sans elle. Certes « Il l’a dit » mais « l’a-t-il écrit « ? Voilà le fonds de la question. Tout ce qui n’est pas écrit, signé, attesté par une écriture est contestable. L’écriture sait maintenant qu’on ne peut plus rien faire sans elle. Le contrat écrit est probant. La loi est écrite. C’est l’écriture qui fait foi. Il ne reste plus qu’un argument à « l’oral » : utiliser des moyens de mauvaise foi. L’explication de texte en est un exemple : Faire dire à l’auteur ce qu’il n’a peut-être jamais voulu écrire. Les Tribunaux également assurent la défense de « l’oral « : « Ce n’est pas ce que veut dire cette écriture dit l’avocat, mais le contraire… ». Peine perdue : Très souvent rien n’y fait puisque « ce qui est écrit est écrit ».

Indéniablement notre Société qui se présente sous la grande figure de « l’oral » à partir de « tout ce que l’on dit autour de nous » est en réalité une « Société écrite». Peu importe sa forme, le fond, l’orthographe etc… pourvu que ce soit écrit, y compris sur un SMS. Celui-ci ne fait que reproduire la phonétique, ou à peu près. C’est à cet endroit que l’écriture rejoint « le son, » donc « l’oral » : la guerre est finie. Nous sommes de nouveau sous les huttes de nos ancêtres, les gaulois… qui ne connaissaient que « l’oral ».

24.07.2009

Cet hiver sortez couvert

L’hiver, qui n’a jamais été évoqué avec autant d’acuité en plein été, nous promet une propagation fulgurante de la grippe.

Cette fameuse grippe dite « A », contrairement aux apparences, ne doit pas être confondue avec la précédente, dite Aviaire. La grippe d’aujourd’hui fut d’abord porcine, avant que les représentants des cochons ne menacent d’installer des bonbonnes de gaz, (c’est très tendance) pour se faire respecter des beurs d’ici et d’ailleurs. Sus au jambon-beurre hurlaient-ils d’un même groin ! Dans le temps (parce que cela fait quelques mois qu’on nous bassine avec le sujet), le virus prit une appellation plus technique, une consonance médicalement et politiquement plus correcte : HIN1. Le vocable est certes plus abscond, mais tellement plus alarmant, inquiétant, angoissant. On peut même dire que la terminologie lui a donné un petit côté offensif, menaçant, dangereux. Ces qualificatifs justifient à eux seuls que les plus grandes mesures de préventions soient mises en œuvres. C’est à qui vendra le plus grand nombre de masques, de vaccins, mettra en place les mesures de prévention les plus efficaces, etc… C’est la plus grande foire exposition (et d’empoigne) jamais organisée par les laboratoires du monde entier, et testée pour la première fois en mode réel. Je ne dirai pas qu’il n’y a pas lieu de prévoir et de s’organiser en cas de pandémie, mais j’ai quand même envie de crier, surtout pour nos régions : Pas de panique, la grippe viendra, on l’aura, on la vaincra. Il y aura, sans aucun doute, des morts et des rescapés. Le tout, comme d’habitude, sera de se trouver du bon côté du manche !

Parallèlement, je suis stupéfait que les nombreux spécialistes aux yeux verts, champions des protections naturelles n’aient pas encore rapproché ce sujet d’actualité de celui qui enveloppera également la rentrée. Je suis surpris que l’on ne profite pas de l’occasion pour convenir qu’en la matière, l’un éradiquera l’autre. Je m’étonne que personne n’ait encore envisagé de mettre en place le moyen le plus écologique de se protéger de l’agression individuelle et de l’épidémie toute entière. La seule façon d’en arriver là serait de contraindre au port obligatoire et généralisé de la burka. Pour ne pas être infecté, une seule solution à la rentrée : la burka-pote, avec son petit réservoir de tolérance, la grille de vison. (Quelques mauvais esprits désignent cette meurtrière, le burka-na fasso) Sans compter que la burka n’est qu’un simple voile qui ne fait en rien obstacle à la suite des événements. Elle favorise même le face à face. Cependant diront les puristes, elle ne permet pas d’avoir une vue précise sur le prochain fesse à fesse qui suivra la nécessaire décontamination du vêtement intégral, juste avant de s’agripper l’un à l’autre, dans une folle épidémie d’amour !

Bien entendu on peut d’ores et déjà envisager une ruée des grands couturiers désireux de griffer leur burka. Imaginer un peu la plus mince, celle de Lagerfeld, (La buka light) celle d’Hermés dont l’hygiaphone qui sert de parloir sera tissé en lanières de cuir. La palme reviendra à n’en pas douter, à celle qui sera plus difficile à porter que la bannière, mais ô combien avenante et chamarrée que cette burka-Lacroix. On peut également envisager de porter la burka sans rien dessous, mais ce sera déjà une déclinaison du modèle classique. On dira dans ce cas que l’on met une burka à poil. Tout ceci sans omettre les recherches vestimentaires des plus hardies : Certains spécimens tel que la burka-appat, pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent rencontrer une âme sœur, et la burka du voyageur recouvertes d’auto-collants des villes traversées, ouvriront la voie aux publicitaires qui lanceront la burka itinérante ou la burka parade assurant ainsi la promo des grandes marques de vaccins contre la grippe. Rien ne se perd, tout est bon pour le business.

On pourra voir apparaître également, sous l’influence des égalitaristes, l’exigence d’une similitude entre les burkas, une burka uniforme en quelque sorte. Mais très vite, certains souhaiteront différencier les burkas mâles qui seront bleues de celles des femelles, vouées au rose. J’allais oublier les homos qui chercheront à se distinguer par le jaune. A noter que le jaune devra éviter de trop tirer sur le vert pour éviter la burka - ka d’oie. Et puis bien sûr, la police et les pompiers n’accepteront pas d’avoir la burka de monsieur tout le monde et voudront une utilitaire, une capote en quelque sorte, la burka-caoutchouc. On ne sait jamais ça peut toujours servir.

Je ne sais pas si je serai personnellement touché par l’épidémie (j’en vois quelques-uns au loin, qui me la souhaitent bien bonne) mais arrêtons de vivre dans la peur. Tout va mal (ou va mal aller à brève échéance) et pour nous remonter le moral, on utilise maintenant le comptage des morts grippés dans le monde. Pourquoi ne pas prévenir sans alarmer continuellement le bon peuple ? C’est vrai ; il est possible qu’il y ait une sévère épidémie de grippe qui impose des mesures préventives et de bon sens : « lavez-vous régulièrement les mains, mettez un masque pour éviter la contamination » etc…(la liste est publiée régulièrement pour les moins biens lotis). Je vous donne gracieusement un conseil supplémentaire et tout à fait nouveau : Cet hiver sortez couvert ! Mettez, à ce moment là, un cache-nez, ou une burka selon les us et coutumes vestimentaires du pays dans lequel vous résidez…